Archives de mai 2008
Commentaire: l’équipe de Suisse et l’Euro 2008
L’équipe de Suisse et l’Euro 2008: le prix du rêve
Tout le pays en rêve depuis deux ans, depuis ce huitième de finale en Coupe du monde porteur
d’espoir. L’Euro 2008, c’est dans moins d’un mois. Oui mais voilà, depuis 2006 et la belle épopée
allemande, l’espoir a fait place à une inquiétude croissante. Ce n’est pas Köbi Kuhn qui dira le
contraire, lui qui a notamment décidé de se séparer de Johann Vogel, son capitaine emblématique, et
qui doit composer avec une infirmerie pleine à craquer.
Dans ces conditions, l’équipe de Suisse a aligné les contre-performances en matches de préparation.
Michel Pont et les siens ont beau répéter à qui veut (encore) l’entendre que les matches amicaux ne
signifient rien et que la motivation sera bien là le 7 juin pour le match d’ouverture, on ne peut
s’empêcher d’être sceptique. Car plus encore que les résultats, la manière est très inquiétante.
D’autant plus de la part d’une équipe qui n’a cessé de crier ses ambitions de titre européen.
Il est légitime de nourrir des ambitions, qui plus est lorsqu’on évolue à domicile. Mais il faut garder
une certaine humilité. Si la «Nati» a réussi à passer outre son complexe du «petit» face aux grandes
nations du football en 2006, elle ne doit pas oublier que c’est grâce à un travail collectif de tous les
instants et une énorme envie. Sans ces composantes, la Suisse redevient une équipe moyenne, voire
médiocre comme on a pu le voir récemment.
Il reste à espérer que l’équipe nationale ne s’est pas mise dans une situation inextricable. Car la série
de défaites qu’elle vit actuellement, notamment le navrant 0-4 encaissé face à l’Allemagne le 26
mars dernier, semble avoir sérieusement entamé son capital confiance. Et cette confiance, il est
urgent de la retrouver. Cela passe obligatoirement par une profonde remise en question. Frei et Cie
doivent impérativement gagner des matches, même s’ils n’ont pas d’enjeu propre, car la confiance ne
passe que par les victoires. Pour que l’Euro 2008 ne soit pas synonyme d’humiliation dans les
mémoires helvétiques. Pour ne pas passer du rêve au cauchemar.
Raphaël Iberg