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Archives de juin 22nd, 2008

Les joyeux supporters “oranje” à Lausanne (14.06.08)

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Rédigé par Raph

juin 22, 2008 à 7:51

Arshavin, ce héros

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Pays-Bas – Russie 1-3 a.p. (0-0, 1-1)

Premier match de poule. La Russie est étrillée par une brillante équipe d’Espagne dont la prestation rappelle un peu celle des… Pays-Bas contre les Italiens et les Français. Match suivant, les hommes de Guus Hiddink battent péniblement une faible équipe de Grèce 1-0. Puis il y a ce match. Le match référence. Victoire contre la Suède 2-0 après un match époustouflant. Mais qu’est-ce qui a bien pu changer ? La réponse tient en deux mots, ou plutôt un prénom et un nom: Andreï Arshavin. La perle de la sélection russe a manqué les deux premiers matches du tournoi pour cause de suspension. Hiddink a tout de même voulu l’emmener en Suisse et en Autriche et il a eu fin nez, c’est le moins que l’on puisse dire.

En plus d’une fiche personnelle impressionnante depuis ses débuts dans cet Euro 2008 (2 buts et 2 assists en 2 matches), le lutin de Saint-Pétersbourg à l’éternel visage d’enfant a énormément apporté à son équipe au niveau psychologique. Tous les joueurs se sont ainsi sublimés depuis le retour de leur prodige. Après la Suède, les Pays-Bas, si impressionnants depuis le début du tournoi, ont pu le vérifier à leurs dépens hier soir dans le troisième quart de finale.

Les joueurs bataves ont en effet été surclassés dans tous les domaines par la formation russe. Le milieu de terrain néerlandais ne s’illustrait que par des frappes de loin, signes d’impuissance, et sur coups de pied arrêtés signés Sneijder et Van der Vaart. C’est justement sur l’un de ces coups francs, botté par Sneijder, que l’inévitable Van Nistelrooy surgit à la 86e minute pour égaliser sur l’une des seules occasions hollandaises. L’autre attaquant, Dirk Kuyt, complètement dépassé, était remplacé à la mi-temps par Robin Van Persie, qui n’arrivait pas à trouver beaucoup plus de solutions que son coéquipier. Le physique a aussi trahi les Pays-Bas, qui étaient au bout du rouleau au moment de débuter les prolongations face à des Russes très affutés. Mais la plus grande faiblesse des “Oranje” hier soir a bien été sa défense, comme le pressentaient beaucoup d’observateurs. Mathijsen (décrié dans la presse ces derniers jours), Oojier, Van Bronckhorst et Boulahrouz (puis Heitinga) ont été d’un niveau insuffisant pour endiguer les assauts russes. Contrairement aux Italiens, aux Français et aux Roumains avant eux, les Russes ont été capables de tester cette défense hollandaise. On connaît le résultat.

Mais plus encore que les carences défensives des hommes de Van Basten et leur incapacité à développer le même jeu chatoyant que lors de leurs trois premières rencontres, il faut mettre en exergue l’incroyable performance russe. Car ce sont bien eux qui ont fait craquer l’arrière-garde batave par trois fois. Tout d’abord par Pavlyuchenko sur une action d’école (56e) qui concrétisait la domination des joueurs slaves, puis en prolongations, par Torbinski, bien servi par Arshavin après un exploit personnel de ce dernier, et surtout oublié par Van Bronckhorst et Mathijsen (112e). C’est finalement Arshavin lui-même qui scelle le score, après une touche d’Anyukov qui mystifie toute la défense néerlandaise, en glissant le ballon entre les jambes de l’infortuné Van der Sar (116e).

On parlait de football total pour désigner le jeu des Néerlandais au premier tour. Les Russes ont montré qu’ils pouvaient faire mieux en matière de beau football pour battre leurs adversaires du jour à leur propre jeu. On reconnaît bien sûr ici la patte… néerlandaise de Guus Hiddink, le “traître”, qui a donné une leçon à son homologue Marco Van Basten. Et ce score de 3-1 est plutôt flatteur pour les Pays-Bas au vu de la domination outrageuse de la Russie, qui se profile maintenant comme un sérieux candidat au titre européen.