Archives de juillet 11th, 2008
Le Tour de France, vous y croyez encore, vous ?

Moi, je n’y crois plus. Il m’arrive bien de zapper sur France Télévisions vers 17h15, juste avant de laisser la place à TSR2 et aux tennismen de Gstaad, pour connaître le nom du vainqueur de l’étape. Peut-être regarderai-je aussi quelques étapes de montagne, juste par curiosité. Mais cela s’arrête là. La Petite Reine a perdu sa magie.
D’abord le scandale Festina en 1998, les années Lance Armstrong, (1999-2005) riches en suspicion (eh bien oui, un cancer des testicules et un retour fulgurant plus le témoignage de son entourage de l’époque ou encore celui de Greg LeMond), puis le vainqueur déchu Floyd Landis en 2006 et enfin 2007, l’année des scandales avec, notamment, les aveux d’Eric Zabel, sextuple maillot vert du Tour, ceux de Bjarne Riis et la chute de Jan Ullrich, vainqueurs respectivement en 1996 et 1997, les disqualifications de Michael Rasmussen et Alexandre Vinokourov (coureur pour lequel j’avais un grand respect jusqu’alors) pendant le Tour. Cette suite ininterrompue de scandales n’engage pas à garder sa confiance dans le cyclisme.
Quelque chose s’est cassé. Un événement en particulier a achevé ma foi en ce sport. Ces deux jours extraordinaires de la Grande Boucle 2006. Le premier jour, Floyd Landis est dans le rouge, complètement largué, il fait peine à voir. Mais le lendemain il se ressaisit et écrase tous ses adversaires, les éclabousse de sa classe. On apprendra plus tard que cette “classe” était largement entachée de produits dopants. Et cela, c’est se moquer de tous les passionnés de cyclisme et de sport en général qui ont pris un plaisir énorme à suivre cet exploit. Un exploit qui s’est finalement révélé être le fruit d’une minable tricherie.
Il faut tout de même relever que les instances du cyclisme font beaucoup dans le domaine de la lutte anti-dopage. En tout cas beaucoup plus que ne font d’autres sports. Mais il ne faut pas se leurrer, le dopage a toujours eu dix ans d’avance sur ceux qui luttent contre lui. A quand la découverte que des Valverde, Evans, Cunego ou autre Cancellara ne roulent pas seulement aux Kellogg’s et à l’eau fraîche, après coup, naturellement ?
Je tire mon chapeau à Thierry Adam, Gérard Holtz, Joël Grivel ou encore Romain Glassey, qui arrivent encore à s’enthousiasmer en direct en commentant les étapes. Je ne crois pas que je pourrais. En tout cas pas sans arrière pensée. Mais finalement, ce superbe vainqueur, cet échappé magnifique, qu’est-ce qui nous prouve qu’il n’est pas dopé ? Par contre quand on entend Richard Virenque, dans son beau costume de consultant, évoquer le cyclisme propre, c’est à hurler de rire.
Quand on voit les “trials” américaines pour les Jeux olympiques, et la foule de records mondiaux qui tombent chaque jour, notamment en natation, on ne peut pas s’empêcher, un peu cyniquement il est vrai, d’être sceptique. Et en athlétisme, ce record du monde du 100 mètres qui s’abaisse à grandes enjambées jamaïcaines, est-ce réellement possible ? Bref, vivement les JO ! Et puis, vous savez, le cyclisme sera aussi présent à Pékin. Comme ces Jeux ont déjà obtenu la médaille d’or de l’hypocrisie avant même d’avoir commencé, autant en remettre une bonne couche tant qu’on y est.