Archive de la catégorie ‘ Hockey sur glace ’

Les Dallas Stars brillent enfin au bout du suspense

Bienvenue dans les travées de l’American Airlines Center, temple des Dallas Stars, où les étoiles du hockey mondial scintillent au firmament du plus prestigieux championnat au monde : la National Hockey League (NHL). En ce 11 février 2011, les locaux affrontaient les redoutables Chicago Blackhawks, détenteurs de la Coupe Stanley. Emotions en perspective.

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Brenden Morrow (en noir au centre) à la lutte pour le puck sour le regard de Jonathan Toews et du gardien Marty Turco.

Après quatre défaites consécutives et après avoir été menés 0-3 après le premier tiers-temps, les hockeyeurs texans sont finalement venus à bout de leurs adversaires venus d’Illinois. Dans cet immense stade qui peut contenir 18’532 personnes et avec lequel seule la Postfinance Arena de Berne (la Suisse a également pris la désagréable habitude de vendre le droit de nommer ses patinoires à des sponsors) peut se targuer de rivaliser tant soit peu dans notre pays, le hockey prend une nouvelle dimension. Tout d’abord par l’ambiance qui l’entoure. En effet, l’odeur de la bière est remplacée par celle du pop corn et du soda (avec free refill bien sûr) et l’on se retrouve assis sur ce qui ressemble à un siège de cinéma profitant d’une température qui laisse songeur quant à l’énergie dépensée pour que la patinoire ne se transforme pas en piscine olympique. Le spectacle devient d’ailleurs presque hollywoodien au vu des moyens pyrotechniques mis en place pour l’entrée des gladiateurs dans l’arène. Il faut également relever que les supporters ne se séparent pas en clans opposés mais suivent le match totalement mélangés sans qu’aucun heurt ne soit à relever. L’ambiance en est certes amoindrie, mais lorsque tout le monde se lève pour saluer la première bagarre de la soirée, cela fait tout de même du bruit.

Il faut par contre bien admettre que le spectateur européen risque de trouver les nombreuses pauses commerciales qui caractérisent le sport nord américain bien ennuyeuses, mais quand les fameuses Ice Girls viennent balayer la glace avec un savoir faire consommé, l’intérêt remonte soudain en flèche, tout comme lorsque la Kiss Cam incite une entreprenante demoiselle à mettre son petit ami en apnée pendant de longues secondes. Et avouez qu’avoir un pointage sur la situation météorologique de la région sur écran géant entre deux engagements est une expérience plutôt cocasse.

Mais place au jeu. Bien avant que les joueurs ne fassent leur entrée sur la glace au son de Lose Yourself d’Eminem, le spectateur européen pourvu d’un minimum de connaissance hockeyistique se pourlèche déjà les babines à la lecture de la feuille de match. Imaginez voir s’affronter des monstres sacrés comme les Canadiens Jonathan Toews (prononcez /teivs/) et Brenden Morrow, champions du monde et olympiques avec l’équipe à la feuille d’érable, ou encore l’Américain Patrick Kane, numéro 1 de la draft en 2007 et vice-champion olympique en 2010. Il faut d’ailleurs rappeler que si c’est bien The Star-Spangled Banner qui retentit en guise de préambule aux hostilités, les joueurs américains sont nettement moins nombreux que leurs homologues canadiens en NHL. La composition des équipes du soir le prouve avec seulement quatre Américains sur la glace. Le drapeau canadien qui flotte dans un coin de la patinoire en semble du coup presque moqueur.

Après une première période pauvre en émotions et facilement remportée par les Blackhawks, qui menaient déjà 2-0 après cinq minutes grâce à Patrick Kane et Brent Seabrook avant de saler l’addition sur une réussite de Patrick Sharp, les Stars, qui peuvent s’estimer heureux de n’être menés que de trois longueurs à ce moment, réagissent en fin de deuxième reprise par Stéphane Robidas et Brad Richards, ce dernier étant élu homme du match à l’issue de la partie. Il fallait être parti tôt chercher sa ration de pop corn pour ne pas manquer l’égalisation du capitaine Brenden Morrow après 47 secondes d’une troisième période qui allait atteindre des sommets d’intensité pour finalement déboucher sur une prolongation de toute beauté au cours de laquelle le K.O.- est proche de chaque côté. Les gardiens ne l’entendent toutefois pas de cette oreille, et notamment Marty Turco, portier de Dallas pendant dix ans et récemment transféré à Chicago, qui se fait l’auteur d’une performance époustouflante. C’est donc en toute logique que cette rencontre se joue aux tirs au but. Et, dans cette atmosphère irrespirable, c’est finalement le dernier rempart finlandais de Dallas, Kari Lehtonen, qui se mue en héros en arrêtant la tentative de Sharp, seul tir manqué d’une série hallucinante que l’équipe de Suisse de football aurait tout intérêt à conserver précieusement sur un magnétoscope.

Les hommes du coach Marc Crawford quittent la glace précipitamment une fois la victoire acquise, la soirée a été longue et deux jours plus tard il faudra déjà rechausser les patins pour en découdre avec les Columbus Blue Jackets de l’ex-Davosien Rick Nash. Peu importe, comme on dit ici, don’t mess with Texas !

Article publié dans le Cafignon de juin 2011.

La passion du derby malgré la peur

En ce 20 novembre 2010, le HC Lugano et le HC Ambrì Piotta, deux équipes à la recherche de leur gloire passée, s’affrontaient pour la troisième fois de la saison1 dans ce qui était annoncé comme le “derby della paura” par le Corriere del Ticino. Ambiance au milieu de la Curva Nord de la patinoire de la Resega, dans l’antre des fans luganais les plus enthousiastes.

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Colby Genoway (à droite, numéro 26) peut pousser le puck au fond des filets de Thomas Baümle pour le 1-0 (image http://media-public.pmm.rtsi.ch/media/object/rtsi/f2c4dc1b-2624-4cc8-ad84-195a67cd47da?width=460&height=460).

La partie débute par les traditionnelles trente minutes de quolibets réglementaires lancés de la partie nord (luganaise) à la partie sud (léventine) des gradins de la Resega et vice versa. Cet échauffement des cordes vocales a pour unique but de tester l’acoustique des lieux, naturellement. Alors que les ténors de la Curva Nord montent en puissance, entre une annonce de prévention sanitaire (Sentite i contadini ? No, no ! Si sente solo la puzza, solo la puzza. Ci vuole acqua e sapone, acqua e sapone2) et quelques précisions géographiques (Noi non siamo leventinesi3), un joueur d’Ambrì particulièrement courageux ou inconscient, c’est selon, entre sur la glace en survêtement et baskets, crosse à la main, écouteurs aux oreilles, histoire de faire le plein de noms d’oiseau et de pièces de monnaie (il faut bien payer le train du retour) lancées sur la surface de jeu en guise de bienvenue de la part des supporters locaux. Le décor est donc planté, le derby peut commencer.

Vous l’aurez compris, le spectacle est souvent plus intéressant au sein du public que dans l’arène elle-même. La faute aux joueurs en premier lieu, puisque la partie a beaucoup de peine à décoller, la tension étant énorme dans les deux camps au vu du besoin impératif des deux équipes de récolter quelques points précieux, qui plus est lors du derby. Les deux premiers tiers-temps, qui voient un Lugano largement supérieur à son rival cantonal prendre deux longueurs d’avance (Genoway, 32e, 1-0; Bourque, 39e, 2-0), sont soporifiques. Le moment paraît donc bien choisi pour les Ragazzi della Nord d’entonner en choeur un vibrant Ma che c**** ci fa l’Ambrì Piotta in A ?4. Il faut bien avouer qu’à l’heure du deuxième thé, on n’est pas loin de se poser la même question, même si les termes qui nous viennent à l’esprit ne sont peut-être pas aussi fleuris. Car si la rage de vaincre semble au rendez-vous côté léventin, les faiblesses de cet effectif porté à bout de bras par le top scorer canadien Yanick Lehoux5 et le mythique capitaine du cru Paolo Duca semblent tout de même criardes. Le score aurait d’ailleurs pu prendre une tout autre ampleur que ce 3-0 (Jörg, 44e) à l’entame de l’ultime période si les Luganais avaient été un peu plus inspirés au moment d’entrer dans la zone du voisin honni. Car les hommes de Philippe Bozon6 ne respirent pas non plus la confiance, eux qui restent sur 5 défaites consécutives et quelques belles casquettes (9-1 à Langnau, 8-0 à Zoug, scores historiques). Et cela se confirme en seconde partie de confrontation lorsqu’Ambrì revient à 3-2 en inscrivant deux buts en 25 secondes par Lehoux en double supériorité numérique (46’30”), puis Botta (46’55”). On sent tout de suite que cela commence à gamberger sous les casques des coéquipiers du capitaine Julien Vauclair, sorti sur blessure à la 32e minute, ce qui n’arrange pas les affaires des locaux. Alors que les biancoblu n’avaient quasiment pas mis un patin au-delà de la ligne bleue au cours de la troisième période, voilà que la cage de David Aebischer, préféré à Sébastien Caron pour l’occasion, se trouve soudain assiégée pendant quelques minutes qui semblent tout à coup bien longues aux yeux des ultras luganais. Le mani su !7 hurle le préposé au mégaphone de la courbe nord de la patinoire, mouvement pas forcément suivi par tout le monde, à son grand dépit qu’il exprime d’ailleurs dans un langage châtié que nous aurons la pudeur de ne pas reproduire ici. Les émotions, il y en aura encore (il était temps!) puisque le portier fribourgeois du HC Lugano retiendra encore un penalty de Lehoux, encore lui, à la 59e minute, avant le but de la sécurité de Hnat Domenichelli dans la cage vide (60e). Le soulagement est palpable chez les 7’243 spectateurs moins la Curva Sud. Il s’en est en effet fallu de peu pour que leurs protégés transforment une victoire facile en un revers mortifiant.

Si le Tessin était bianconero à l’issue de ce 176e derby, il n’en reste pas moins que les deux frères ennemis sont dans la même galère. Ceux qui s’étaient retrouvés en finale du championnat en 1999 semblent d’ores et déjà condamnés à des play-out de tous les dangers8, qui pourraient bien mener l’un d’eux jusqu’en avril et un barrage plus que périlleux face au champion de LNB qui, selon toute vraisemblance, au mois de novembre, semblait devoir être l’ogre de la catégorie, à savoir le Lausanne Hockey Club, double champion en titre et grandissime favori à sa propre succession9. Cependant, depuis Noël, les hommes de John Van Boxmeer sont tout simplement à côté de leurs patins dans une petite ligue qui ne sait plus à quel saint se vouer. Quoi qu’il en soit, toute la Suisse méridionale espère que le Hockeygott Kevin Schläpfer et le HC Bienne se dévoueront, comme ils en ont pris l’habitude ces dernières années, pour endosser le rôle redouté de barragistes10. Car s’il y a bien un point sur lequel Lugano et Ambrì Piotta sont d’accord, c’est que les deux clubs doivent impérativement conserver leur place dans l’élite. Car le derby, c’est sacré, parole de Tessinois.

1Les quatrième, cinquième et sixième duels ont depuis eu lieu, se soldant par deux victoires d’Ambrì et une de Lugano. Il est à noter que les bianconeri avaient également remporté les deux premières confrontations.

2Vous entendez les paysans ? Non, non ! On sent seulement la puanteur, seulement la puanteur. Il faut de l’eau et du savon, de l’eau et du savon.

3Nous ne sommes pas léventins.

4Mais que diable fait Ambrì Piotta en ligue A ? (version française édulcorée)

5Lehoux a quitté le club au début du mois de janvier pour rejoindre la formation suédoise de Södertälje. Son départ a été compensé par le retour de l’Américain Erik Westrum après une longue absence pour blessure.

6Bozon a depuis été limogé et remplacé par l’entraîneur des juniors élites Mike McNamara, sans grands résultats. L’entraîneur actuel (2012) de la formation luganaise est Larry Huras, arrivé après son licenciement du SC Berne.

7Les mains en l’air !

8 Les 2 clubs ont effectivement fini par jouer les play-out, Lugano se sauvant directement en se débarrassant de Rapperswil en 4 matches alors qu’Ambrì a dû patienter jusqu’au barrage.

9Je n’aurais pas pu me tromper plus lourdement que cela. Sans commentaires.

10Cette tendance semble également avoir changé. Ambrì a fini par sauver sa peau en battant Viège en barrage 4 victoires à 1.

Article publié dans le Cafignon de février 2011.

I’m back

Alexandre Tremblay commençait à désespérer au LHC...

Eh oui, je n’ai plus rien écrit depuis novembre 2009, alors que Marat Safin prenait sa retraite. Il est temps de sortir de la mienne. Il s’en est passé des choses en presque 2 ans ! Federer a empoché sa 16e couronne, Wawrinka commence à gagner des matches importants, Hewitt ne touche plus terre, l’équipe de Suisse de football est encore plus mauvaise qu’avant (malgré un petit sursaut à Wembley samedi), le LHC a raté deux promotions de plus et a décidé d’innover pour la saison prochaine en ne faisant pas de transferts, on évite d’être déçu par les nouveaux arrivants de cette façon, le mythique Alexandre Tremblay a quitté ce même LHC pour Viège, Ben Laden est mort (vous remarquerez que je procède par ordre décroissant d’importance…), … Bref, j’en passe et des meilleures. J’espère revenir ici bientôt pour pousser quelques coups de gueules bien sentis sur un sujet ou l’autre. See you around folks !

Image: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/97/Alexandre_Tremblay_-_Lausanne_Hockey_Club_vs._HC_Vi%C3%A8ge%2C_01.04.2010.jpg

L’Ajoie était malgré tout au rendez-vous

Les supporters ajoulots étaient tout de même présents.

Les supporters ajoulots étaient tout de même présents.

Regard lausannois embusqué dans les gradins ajoulots de la patinoire du Voyeboeuf lors de la quatrième confrontation entre Ajoie et le Lausanne Hockey Club comptant pour les demi-finales des play-off de Ligue nationale B.

La neige tombe dru sur Porrentruy au moment de pénétrer dans la vétuste patinoire du Voyeboeuf dont l’aspect, la taille et la sécurité pour le moins folkloriques ont de quoi provoquer un haussement de sourcil vertigineux chez les habitués de la patinoire de Malley. Mais qu’à cela ne tienne. Même si le public jurassien ne s’est pas vraiment déplacé en masse (2669 spectateurs recensés), l’ambiance est plutôt bon enfant. Et ce malgré l’avantage lausannois plus que conséquent avant la partie (les hommes de Terry Yake mènent 3-0 dans la série au meilleur des sept matches).

Tremblay en embuscade derrière le but jurassien.

Tremblay en embuscade derrière le but jurassien.

Malheureusement, comme on pouvait s’y attendre, les Ajoulots ne semblent pas avoir les ressources physiques et mentales pour bousculer un LHC qui n’a aucun intérêt à ce que la partie s’emballe. Même James Desmarais, le maître à jouer des lieux, semble avoir perdu toute sa hargne. Résultat des courses, un premier tiers-temps plutôt ennuyeux malgré l’ouverture du score vaudoise par l’homme du match, Alexandre Tremblay, sur une relance plus qu’hasardeuse de l’arrière garde jurassienne. On se garde bien d’être trop expansif dans l’expression de notre joie car on est tout de même en plein territoire ennemi. Les pieds des spectateurs étant placés comme nous le long de la bande, à quelques centimètres de la glace, commencent gentiment à geler, les douze minutes de pause suivant la fin du premier tiers-temps n’arrangeant en rien la circulation sanguine dans les extrémités en question.

Le LHC et son Top Scorer Miéville mette la pression sur le gardien Rytz et sa défense.

Le LHC et son Top Scorer Miéville mettent la pression sur le gardien Rytz et sa défense.

Tout se joue au cours de la deuxième période qui voit six des huit buts de la rencontre. C’est aussi le seul moment où on a l’impression que le kop ajoulot a une chance de sortir de la torpeur dans laquelle l’a plongé le premier tiers du match. Ajoie revient par deux fois à une longueur du LHC, ce qui provoque un début d’encouragements de la part des supporters locaux. Mais la ligne de parade lausannoise composée de Tremblay, Charpentier et Rüfenacht étouffe dans l’oeuf ces timides tentatives de révolte (même si la réussite des visiteurs n’est due qu’à «du bol», selon un voisin ajoulot quelque peu dégoûté) et les voix jurassiennes se font de plus en plus enrouées par la même occasion, même si quelques politesses d’une subtilité non feinte fusent à chaque pénalité contre un joueur de la capitale vaudoise. On finit même par ne plus entendre que les supporters lausannois, relégués dans le coin le moins enviable de la patinoire, entonner leur célèbre «sautiller, sautiller» au cours d’une troisième période vide de tout suspense et de toute velléité offensive de part et d’autre. En un mot, soporifique.

Une troisième période avec peu d'engagement.

Une troisième période avec peu d'engagement.

C’est dans l’indifférence presque générale (seule la cohorte de supporters venue du canton de Vaud semble apprécier l’issue des débats à sa juste valeur) que les Lausannois célèbrent une victoire (6-2) qui conclut la série, victoire ô combien importante pour eux dans l’optique d’une promotion en LNA tant espérée (et tant retardée). Mais la défaite n’est que pure anecdote du côté du public jurassien qui, loin de sombrer dans la déprime, ovationne ses joueurs pour l’ensemble de leur oeuvre cette saison. Pendant que les pensionnaires de Malley pensent déjà à leur future confrontation contre La Chaux-de-Fonds en finale (la première depuis leur relégation voici quatre ans), le gros du public jurassien se précipite dans les bars de Porrentruy pour se réchauffer et déguster son liquide au houblon favori. Oui, malgré le froid et une prestation de hockey sur glace bien terne, l’Ajoie était bel et bien au rendez-vous.

Peu de mouvement sur la glace. Seuls les supporters lausannois (au fond) semblent s'enthousiasmer.

Peu de mouvement sur la glace. Seuls les supporters lausannois (au fond) semblent s'enthousiasmer.

Cependant, un résident de la partie jurassienne de la patinoire semblait aux anges. Allez savoir pourquoi...

Cependant, un résident de la partie jurassienne de la patinoire semblait aux anges. Allez savoir pourquoi...

Merci à Delphine pour les photos ;-)

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