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Roger Federer (SUI/2) bat Andy Roddick (USA/6) 5-7 7-6 7-6 3-6 16-14
Roger Federer. Cet homme est le plus grand joueur de tennis de tous les temps. “He’s a legend” a dit Pete Sampras. Et il sait de quoi il parle le bougre. Cette légende, Federer vient d’achever de la bâtir (jusqu’à la prochaine fois) en battant le record incroyable de l’Américain aux 14 titres du Grand Chelem. Pour ce faire, il a dû se débarrasser d’un autre Américain, Andy Roddick, en finale, sous les yeux de Pete Sampras, Rod Laver, Björn Borg et John McEnroe, entre autres. Une finale monumentale. Pas tant grâce au niveau de jeu proposé, qui n’était de loin pas celui de l’an passé contre Rafael Nadal, mais plutôt grâce à une tension de tous les instants. La faute à deux facteurs principaux: premièrement, Andy Roddick (il faut bien laisser cela au courageux natif du Nebraska) évoluait à un niveau jamais connu jusqu’à présent dans sa carrière, niveau que l’on avait déjà entrevu lors des deux tours précédents face à Hewitt et Murray. Cela lui a permis de brouiller les cartes alors que toutes, absolument toutes les statistiques l’opposant à Roger Federer étaient contre lui et que beaucoup attendaient une victoire facile du Bâlois. La victoire n’a pas été aussi facile que prévu (loin s’en faut !) également pour une deuxième raison: il faut bien le dire, Federer était loin de son meilleur niveau et semblait très nerveux, ce qui l’a amené à être très passif pendant une bonne partie de la rencontre et à s’exposer aux coups de boutoir de son adversaire.
Mais heureusement pour lui, son service et les dieux du tennis l’ont sauvé. Son service (50 aces !) dans une cinquième manche qui n’a pas été grand chose d’autre qu’une bataille d’aces et de services gagnants ne l’a jamais lâché, même dans les moments où tous les autres coups de son jeu étaient aux abonnés absents. Les dieux du tennis dans le tie-break du deuxième set quand Roddick a eu quatre balles de deux sets à zéro dans sa raquette (6-2) et qu’il a certainement commencé à réfléchir à quel endroit il exposerait la coupe du champion. Résultat des courses, 8-6 pour le Suisse et certainement un premier tournant dans ce match complètement fou. Roger Federer a plié, il a été au bord de la rupture (15-40 sur un de ses jeux de service au 5e set), mais il n’a jamais rompu. C’est finalement à 15-14 dans la manche décisive que notre concitoyen parvient à breaker son adversaire d’outre-Atlantique pour la première et seule fois (!!!) du match. Il remporte son 15e titre du Grand Chelem, son 6e Wimbledon, sa 19e victoire consécutive entre le premier tour du tournoi de Madrid et cette finale et il récupère du même coup son trône de n°1 mondial. Pas mal pour quelqu’un qui va en plus de tout cela devenir papa cet été !
Il faut aussi saluer la bravoure d’Andy Roddick. Le mari de Brooklyn Decker en est à sa 19e défaite contre le maître en 21 confrontations, dont 4 en finale de Grand Chelem (toutes perdues), et il se bat toujours avec la même fougue à chaque fois qu’il affronte notre icône nationale. Aujourd’hui aussi il y a cru pendant 4h16, mais, encore une fois, cela n’a pas suffi. Et personne n’aurait crié au scandale s’il l’avait emporté. Il fait partie de ceux qui ont eu la malchance de jouer à la même époque qu’un champion d’exception, comme tous ceux qui sont tombés sur Pete Sampras au sommet de sa gloire (on citera Tim Henman et Goran Ivanisevic parmi les plus malchanceux). Imaginez un instant quelle aurait pu être la carrière de celui qui a affronté Roger Federer 8 fois dans un tournoi majeur pour autant de victoires de ce dernier et qui n’a qu’un Major à son palmarès (l’US Open 2003)… Imaginez donc quelle doit être sa détresse après être passé aussi près d’une récompense qui aurait été plus que méritée. Mais Roger Federer – et l’Histoire – en ont voulu autrement.
Hewitt fights his way to the 1/4 et Stan… Rhaaa, toujours pas ! Mais si près…

Lleyton Hewitt (AUS) defeated Radek Stepanek (CZE/23) 4-6 2-6 6-1 6-2 6-2
Even though Lleyton Hewitt is currently 56th in the world (that will have changed a lot by December, that’s for sure) and his Grand Slam titles are way back in time, there’s one thing you’ll never be able to take from him: his fighting spirit. “Yeah, obviously, mate !” will be his answer if you ask him the question.
So his famous fighting spirit opened Hewitt’s way to the final eight today against Radek Stepanek (23rd seed) from Czech Republic. After his shy (not to say shaky) start (and Stepanek quick start with bold attacks and good serves), he found himself two sets down. When the Australian asked for the trainer at 4-6 2-5, only the “Fanatics” from Down Under still believed in their star’s chances.
However, after this medical time out, the former number one got his best tennis back and improved his serve percentage to lead 4-0 before a brief rain delay. Afterwards, Hewitt continued playing well, jumping on every occasion, to win the match in five sets (he came back from two sets to love for the 6th time of his career) against a Stepanek paying for his two previous five-setters and suffering from a knee injury.
For the first time since 2006, Lleyton Hewitt is back in 1/4 in a Grand Slam. And he can also thank his Aussie supporters for that, as he did at the end of the match by giving them towels and wristbands and telling the BBC journalist that they deserved to be offered a few beers. So “cheers, mate !” as Lleyton said at the end of the interview. See you on Wednesday for a classic match between Lleyton Hewitt and Andy Roddick !


Andy Murray (GBR/3) bat Stanislas Wawrinka (SUI/19) 2-6 6-3 6-3 5-7 6-3
Le public du Centre Court de Wimbledon se souviendront de ce 29 juin 2009 ! Tout d’abord pour la première fermeture du fameux toit (même s’il avait déjà été fermé samedi en toute fin de journée) pendant le match Safina-Mauresmo, toit qui a permis à Murray et Wawrinka de terminer leur match au bout de la nuit sous une lumière artificielle. Car c’était surtout cela qui valait le déplacement en ce septième jour du tournoi. Qui aurait pensé que le Vaudois allait pousser l’Ecossais dans ses derniers retranchements ? Sûrement pas les nombreux sujets de Sa Très Gracieuse Majesté présents dans la majestueuse enceinte. Et il faut bien dire que du côté helvétique on n’y croyait que moyennement après la performance en demi-teinte de Stan face au modeste Jesse Levine, 133e mondial de son état.
D’emblée, le citoyen de Saint-Barthélémy enflammait le match, notamment avec son somptueux revers qui fut sa meilleure arme presque quatre heures durant, pour empocher facilement le premier set à la surprise générale face à un Murray “à côté de ses pompes”. La stupeur passée le numéro 3 mondial retrouvait peu à peu son jeu de défense extraordinaire (avec notamment un coup droit croisé, que ce soit en passing, en retour ou en attaque de fond de court, tout simplement inarrêtable) et ne commettait presque plus de fautes, au contraire de Wawrinka qui en commettait de plus en plus et servait de moins en moins bien.
C’est à ce moment que débute le festival de balles de break manquées (4 sur 14 réussies au final). Murray gagne tous les points importants et se détache deux manches à une. On se dit alors que, comme d’habitude, ce match sera celui des occasions manquées pour le Suisse. Mais au moment où on n’y croit plus, Wawrinka convertit enfin une balle de break à 5-5 dans le quatrième set pour emmener son adversaire dans un cinquième set dantesque, final ô combien mérité pour un match de toute beauté.
Et même si c’est Murray qui l’emporte au forceps, au grand soulagement de toute la Grande Bretagne, on ne peut pas reprocher grand chose à Stan (contrairement à ses autres défaites en Grand Chelem, notamment contre Gonzalez à Paris en 2008, contre Safin à Wimbledon la même année ou encore contre Chela à New York en 2007) qui a été courageux jusqu’au bout, ne lâchant jamais son os. Andy Murray a su remporter les points les plus importants et ainsi justifier son statut de numéro 3 mondial et prétendant au titre sur le gazon londonien. Le prochain adversaire au menu du Britannique sera l’autre revenant (avec Hewitt et Haas), l’Espagnol et ancien numéro 1 mondial Juan Carlos Ferrero.
Mais qui peut battre Rafa à Roland Garros ?




Le n°1 mondial et maître absolu de la terre battue n’a jamais été battu Porte d’Auteuil où il est quadruple tenant du titre. Alors, un cinquième titre d’affilée sans coup férir (comme d’habitude, serait-on tenté de dire) ? Ses rivaux vont tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Tour d’horizon des principaux papables et de quelques outsiders pour la succession du roi.
Pourquoi ils vont battre Rafael Nadal:
Andy Murray (ATP 4) -> Parce que malgré sa place de n°4 mondial, il mériterait plutôt d’être n°2 au vu de ses résultats sur les derniers mois. Il est donc celui qui est le plus proche de Nadal. Parce qu’il n’a pas les problèmes qu’a Federer face au Majorquin: il est à l’aise sur terre battue (d’accord, Federer l’est aussi, même si c’est sa moins bonne surface), il n’a aucun problème psychologique au moment d’aborder le cas Nadal (il est mené 6-2 dans les confrontations directes, mais il a remporté deux des quatre derniers face-à-face) et son revers est probablement son meilleur coup. Par conséquent l’Ecossais n’a pas d’ennui dans la diagonale coup droit-revers, contrairement à Federer. En parlant de coups, Murray est probablement le joueur le plus complet actuellement. Il frappe fort des deux côtés, se déplace très bien, varie extrêmement bien ses coups, peut attaquer et défendre avec le même bonheur. Voilà pourquoi Andy Murray sera l’adversaire numéro un du gaucher de Manacor à Paris.
Fernando Verdasco (ATP 7) -> Parce que même s’il n’a jamais battu Nadal, il sait qu’il peut le battre depuis leur affrontement de légende en demi-finale à Melbourne. Verdasco est un tout autre joueur que celui qui avait pris une fessée en 1/8 de Roland Garros en 2008. Depuis il est devenu un héros en Espagne en offrant à son pays le dernier point de la victoire en Coupe Davis, s’est entraîné avec Gil Reyes, ancien préparateur physique d’Andre Agassi, pendant la pause hivernale, a flambé en Australie et a même pu bénéficier des conseils avisés de Darren Cahill à Indian Wells. De plus, le Madrilène n’a pas grand chose à envier à Nadal sur le plan du jeu. Il est gaucher lui aussi, son coup droit est terrible, il est extrêmement puissant et endurant. Un seul petit point noir, son revers, qui manque un peu de profondeur par moments. Mais un duel face à son compatriote sur la brique pilée ne lui fait pas peur pour autant.
Novak Djokovic (ATP 3) -> Parce qu’il en a tellement envie. Cela fait déjà plusieurs années qu’il le claironne sur tous les toits: Roger Federer et Rafael Nadal ne lui font pas peur. Parce qu’il a les moyens tennistiques de ses ambitions aussi, malgré un changement de marque de raquette un peu problématique en ce début d’année. Parce qu’il frappe fort des deux côtés et son revers est très solide. Le Serbe a battu l’Espagnol quatre fois en quinze confrontations, toutes sur le ciment nord-américain. Certes, ce n’est pas énorme, mais on peut compter sur “Nole” pour ne pas se laisser impressionner. Contrairement à notre Roger national, il n’a pas l’habitude de cultiver des complexes d’infériorité. Et il n’a pas été loin de battre Nadal sur terre à plusieurs reprises, dont lors de la récente finale du Masters 1000 de Monte Carlo. Un gros point d’interrogation toutefois: son physique. Face au rouleau compresseur Nadal qui peut aligner neuf heures de jeu en deux jours sans problèmes, celui qui a dû abandonner sous la canicule australienne pour hypertermie fait figure de poids plume sur la longueur des cinq sets.
Roger Federer (ATP 2) -> Parce que l’Histoire voudrait qu’il gagne Roland Garros. Parce que c’est le plus grand joueur de tous les temps et qu’il n’a pas fini de nous étonner. Avec lui tout est possible, il peut sortir à tout moment un coup de génie de sa raquette. C’est vrai qu’il faut en sortir pas mal pour battre Nadal, mais pourquoi pas ? Mais il y a une condition: se remettre en question pour sortir de cette mauvaise passe actuelle. Alors, pourquoi pas un coach ? Quelqu’un qui puisse l’aider à adopter la bonne tactique face à son meilleur ennemi, quelqu’un qui puisse l’aider à oublier son énorme complexe d’infériorité.
Stanislas Wawrinka (ATP 12) -> Parce que les Suisses ont besoin de garder l’espoir en ces temps de disette pour Roger Federer. Et surtout parce que s’il y a une surface sur laquelle “Stan” peut battre le taureau des Baléares c’est bien la terre ocre. Il a montré par ses récents résultats qu’il faisait partie des meilleurs spécialistes de cette surface (finale à Rome en 2008, demi-finale à Monte Carlo en 2009). Mais il a deux gros problèmes à surmonter pour prendre encore un peu plus de bouteille: premièrement, il faut qu’il arrive à épingler un peu plus souvent des membres du top 10 (voire du top 5), comme Djokovic qu’il n’a pas été loin de battre à plusieurs reprises dernièrement (oui, parce qu’en ce qui concerne Federer, désolé Roger, ce n’était pas le n°2 mondial qui était sur le court ce jour-là). Deuxièmement, il y a toujours ce cap des huitièmes de finale à dépasser en Grand Chelem.
David Nalbandian (ATP 15) -> Parce que, sur un match, il peut battre absolument n’importe qui. J’en veux pour preuve les Masters Series de Madrid et Paris 2007 où l’Argentin avait épinglé Roger Federer et atomisé Rafael Nadal deux fois de suite pour s’adjuger les deux titres. Mais bon, on ne sait jamais avec lui, il peut tout aussi bien perdre au premier tour contre le 500e mondial…
Nikolay Davydenko (ATP 8 ) -> Parce qu’il est moche et sans charisme et que tout le monde le déteste… Ah non, rien à voir ! Parce que c’est un spécialiste de terre battue et qu’il peut faire déjouer n’importe qui si son jeu de métronome se met bien en place. Parce qu’il a battu Nadal deux fois en cinq confrontations et qu’il l’a poussé dans ses derniers retranchements sur terre battue.
Igor Andreev (ATP 26) -> Non, ne riez pas ! Il fait partie des “happy few” à avoir battu Nadal sur terre battue. C’était en 2005 à Valence. Avec son coup droit ultralifté de mammouth, c’est une sorte de Nadal droitier (en beaucoup moins fort, d’accord).
Cela dit, je pense que personne ne battra Nadal à Roland Garros. Et même mieux: je pense que personne ne le battra sur terre battue. Et vous, qu’en pensez-vous ?
Fidèle au rendez-vous, Verdasco force le passage


Fernando Verdasco (ESP/14) bat Andy Murray (GBR/4) 2-6 6-1 1-6 6-3 6-4
Qui aurait prédit qu’il serait le premier du carré d’as à baisser pavillon ? Fernando Verdasco, héros de la finale de Coupe Davis 2008, avait décidé qu’il était l’heure pour Andy Murray de faire ses bagages. Malgré le fait qu’il a marqué un point de plus que son adversaire (138 contre 137), Murray voit ses espoirs de remporter son premier titre du Grand Chelem reportés à plus tard. Dans un match où toute deuxième balle de service était quasiment interdite (surtout pour Verdasco, 34% de points remportés sur deuxième service) sous peine de perte du point presque systématique, le “petit Nadal” s’est engouffré dans la brèche d’une baisse de Murray dans ce compartiment du jeu pour faire le break décisif au septième jeu (le fameux) du cinquième set. Servant quant à lui de mieux en mieux, souvent aux environs de 215 km/h en première balle, Verdasco n’a pas tremblé au moment de conclure.
Pour quelqu’un qui n’avait jamais passé les huitièmes de finale en Grand Chelem et s’était toujours arrêté au 2e tour au plus tard à Melbourne, le gaucher de Madrid (25 ans) s’est comporté comme un vieux briscard pour arracher cette superbe victoire. Dans un style de jeu très ibérique, il a assommé Murray en lui faisant faire l’essuie-glace à chaque fois qu’il avait l’occasion de contrôler l’échange avec ses grosses frappes liftées. Ana Ivanovic lui aurait-elle donné des ailes ?*
*Tous les fans de tennis avertis auront corrigé d’eux-mêmes^^ C’est évidemment la rupture qui lui a donné des ailes.
2009: the show must go on

Les revoilà ! La saison 2009 sera véritablement lancée lundi à Melbourne à l’occasion de l’Australian Open. L’occasion de se mettre à l’heure australienne pendant deux semaines. Et franchement, cela met l’eau à la bouche rien que d’y penser ! L’occasion pour Federer de réaffirmer sa supériorité sur le tennis mondial, pour Nadal de confirmer sa récente suprématie, pour Murray de montrer qu’il est bien la valeur montante du tennis mondial et pour Djokovic de défendre son titre. Sans parler des outsiders que sont Nalbandian, Roddick, Del Potro, Tsonga (si sa blessure de Sydney lui permet de participer), Monfils, Simon ou encore, soyons fous, Wawrinka (même s’il a un huitième de finale programmé contre Federer). Et qui sait, Lleyton Hewitt, le régional de l’étape, que l’on sait capable de mettre le feu à la Rod Laver Arena comme personne, pourrait décider de renaître de ses cendres. Tout comme Marat Safin, l’intermittent des courts et vainqueur du tournoi en 2005, qui a décidé (jusqu’à ce qu’il change d’avis ?) de ranger ses raquettes à la fin de la saison et qui pourrait bien avoir envie que l’on se souvienne de lui Down Under. Sans oublier Marcos Baghdatis qui se sent pousser des ailes chaque année sur les courts des antipodes, pour preuve sa finale de 2006 et le véritable morceau de bravoure que Hewitt et lui ont proposé au public de Melbourne jusqu’aux premières lueurs du jour l’année passée au 3e tour. Et, allez, un petit pronostic personnel, je vois bien Fernando Verdasco, le héros de la victoire espagnole en Coupe Davis, réussir un gros coup.
Un Australian Open qui promet en tout cas d’être très indécis. Il est maintenant temps de se préparer à entrer sur le court dans la fournaise de l’été australien où tous ces champions en découdront pour notre plus grand plaisir ! The show must go on !
13 majeur


“You’re not superstitious ?” demandait l’un des pontes de l’USTA (United States Tennis Association) en remettant le trophée à Roger Federer. Non, il ne l’est pas et il vient de remporter son treizième titre du Grand Chelem, le cinquième de suite à New York (il est le premier à réaliser cela dans l’ère open) en offrant un véritable récital au public ébahi du central Arthur Ashe. Dommage pour le spectacle, Andy Murray n’était, lui, pas au rendez-vous. Totalement étouffé par les coups fulgurants du n°2 mondial dès le début, l’Ecossais n’a jamais pu hisser son niveau de jeu suffisamment pour pouvoir espérer quoi que ce soit de ce match. C’était sa première finale dans un tournoi majeur, il était déjà bien entamé physiquement par ses combats précédents et le Maître ne lui a laissé aucune chance. Mais on ne se fait pas de souci pour lui, il s’en remettra et aura d’autres occasions de gagner des matches comme celui-ci.

Toujours est-il que Federer a cloué le bec de tous ses détracteurs pendant cette quinzaine new-yorkaise. A voir sa joie au moment du dénouement, cela a été un énorme soulagement pour lui et on le comprend. Le Suisse n’est plus maintenant qu’à une unité du légendaire record de Pete Sampras. L’année 2009 sera passionnante avec cette course au record et la bataille annoncée entre Federer, Nadal, Djokovic plus quelques jeunes loups aux dents (très) longues comme Andy Murray et Juan Martin Del Potro. D’ailleurs Federer l’a dit lui-même, “Je ne veux pas m’arrêter à ce chiffre 13, ce serait terrible.”

UNBELIEVABLE !

Andy Murray vient de réaliser un énorme exploit, assurément le plus grand de sa jeune carrière: il a sorti le n°1 mondial Rafael Nadal pour accéder à sa première finale de Grand Chelem. C’est donc au terme du deuxième jour de leur combat que les deux hommes sont parvenus à se départager (6-2 7-6 2-3 en faveur de Murray au moment du retour des joueurs sur le court).

Après un troisième set assez aisément remporté par Nadal, qui avait fait le break le jour précédent, pour ramener le score à deux sets à un, le véritable match débute. Et quel match ! Le deuxième jeu du quatrième set, long d’un quart d’heure, voit Murray dominer puis trembler pour finir par galvauder pas moins de 7 balles de break (l’Ecossais finira le match à 4 balles de break converties sur 20 obtenues) ! L’Espagnol le breake dans la foulée sur un jeu blanc et on se dit que le pauvre Murray doit être bien assommé. Mais il n’en est rien. Le natif de Dunblane parvient à recoller à 3-3 en allant chercher des ressources mentales insoupçonnées.

Depuis ce moment, on se rend coup pour coup sur le central Arthur Ashe. La bataille est superbe. On sent que Murray est tennistiquement supérieur avec son jeu tout en variations, ses retours de feu et son revers capable de faire la différence dans la diagonale contre le coup droit de Nadal (!), mais le roc de Manacor, même s’il commence à se fissurer quelque peu, s’accroche à ses formidables ressources physiques et mentales pour retarder l’inéluctable.

Et l’inéluctable arrive dans le dixième jeu. Murray obtient une balle de match au terme d’un échange à couper le souffle, faisant visiter tout Manhattan à son adversaire au bord de la rupture. Après une série de frappes énormes, dont chacune aurait eu le poids d’un coup gagnant contre tout autre joueur que ce diable de Nadal, le Britannique peut enfin conclure d’une volée facile. Le public, bien que majoritairement acquis à la cause de Nadal (allez savoir pourquoi), chavire. Un point plus tard, c’est la délivrance pour l’héritier de Tim Henman. L’élève vient de dépasser le maître: il la tient sa finale de Grand Chelem. Et Federer n’a qu’à bien se tenir. Ce jeune homme de 21 ans ne s’en laissera pas conter.

King Roger is back before the storm



Roger Federer est définitivement de retour aux affaires et il l’a fait savoir haut et fort en se qualifiant pour sa cinquième finale de rang à Flushing Meadows aux dépens de Novak Djokovic. Très incisif d’entrée, prenant le filet d’assaut à de nombreuses reprises et servant remarquablement (20 aces), le Suisse a prouvé à son adversaire qu’il méritait encore sa place de n°2 mondial en le battant en quatre manches (6-3 5-7 7-5 6-2). Federer a montré d’emblée qui était le patron sur le court en remportant une première manche rondement menée en 25 minutes. Les deux sets suivants sont bien plus accrochés et le Serbe enlève le deuxième à la suite d’un mauvais jeu de service de son adversaire. Le niveau de jeu atteint des sommets dans la troisième manche, remportée par Federer au forceps après une superbe bataille. Dans la quatrième manche, tout est plus facile pour le Bâlois qui profite d’une baisse de régime manifeste de Djokovic, se ressentant certainement des efforts consentis aux tours précédents, pour l’assommer définitivement et s’adjuger une 34e victoire d’affilée à l’US Open.


Tout s’annonce sous les meilleurs auspices pour Federer, qui a réussi à terminer son match avant l’arrivée de l’ouragan Hanna sur New York. En effet, l’autre demi-finale opposant Andy Murray à Rafael Nadal n’a pas pu aller à son terme. Les deux hommes ont été stoppés par la pluie alors que l’Ecossais menait 6-2 7-6 2-3 en jouant un tennis exceptionnel (44 (!) coups gagnants). Ce match reprendra demain et la finale devrait se jouer lundi. Federer s’octroie donc un jour de récupération supplémentaire.
Mais quoi qu’il arrive lundi soir en finale, Roger Federer aura prouvé à tous ses détracteurs qu’il a encore des beaux jours devant lui et que son tennis exceptionnel est toujours au rendez-vous. Il lui reste maintenant à prouver qu’il peut effacer ses échecs en finale des grands tournois cette année et ajouter un “Major” à sa collection. La tâche sera loin d’être facile, mais il en est tout à fait capable. Et puis ce serait tellement beau.
Quelle déculottée !

6-1 6-3 6-3. Le score est sans appel et il représente bien la différence de niveau qui existe actuellement entre Stanislas Wawrinka et un véritable membre du top ten comme Andy Murray. Car il faut bien le dire, la place de n°10 mondial du Suisse n’est pas représentative de sa fiche de résultats. Avec des jeunes joueurs comme Juan Martin Del Potro qui sont en train de se faire leur place, les jours de Wawrinka dans le top ten sont comptés s’il n’arrive pas à passer l’écueil des huitièmes de finale en Grand Chelem.
Mais revenons au match. Pourquoi un score aussi sec ? La première raison, il faut être honnête, a été l’excellent niveau de jeu de l’Ecossais qui a pris son adversaire à la gorge en début de match, le breakant deux fois d’entrée, pour ne plus le lâcher par la suite. Mais, une fois le premier orage passé, Wawrinka a eu sa chance, comme au septième jeu du deuxième set où il mène 15-40 sur le service de son adversaire sans concrétiser. Au niveau des faiblesses, côté suisse, il y a le service (quand on sait que le Vaudois n’a remporté que 64% des points joués sur sa première balle et surtout 33% sur sa seconde balle, on comprend pourquoi Murray, très agressif en retour, l’a breaké six fois) et une fois encore un nombre de fautes directes beaucoup trop important (37 contre 15 à son adversaire), notamment sur les points importants. Ces points importants, son adversaire du jour les a tout simplement tous remportés.
Tactiquement, Wawrinka n’a pas non plus choisi les bonnes options, jouant beaucoup trop loin de sa ligne de fond dès le retour de service. On a d’ailleurs pu le voir, les rares fois où il a été agressif dans l’échange (et où il ne commettait pas la faute sur le deuxième coup de raquette), il a mis Murray en difficulté. Le Britannique, au contraire, a quasiment toujours joué le coup juste, très agressif du fond du court, venant conclure au filet au moment opportun et distillant ses amorties diaboliques à bon escient. On remarquera que les courses vers l’avant de Wawrinka mériteraient un peu plus de légèreté. Mais arrêtons de tirer sur l’ambulance…
Voilà donc qui explique la dureté du score et qui montre tous les progrès que Stanislas Wawrinka doit encore accomplir s’il veut rivaliser avec les meilleurs et enfin se qualifier pour un quart de finale de Grand Chelem. Un quart de finale où Andy Murray affrontera l’Argentin Juan Martin Del Potro dans un match qui sent la poudre.