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15-love




Roger Federer (SUI/2) bat Andy Roddick (USA/6) 5-7 7-6 7-6 3-6 16-14
Roger Federer. Cet homme est le plus grand joueur de tennis de tous les temps. “He’s a legend” a dit Pete Sampras. Et il sait de quoi il parle le bougre. Cette légende, Federer vient d’achever de la bâtir (jusqu’à la prochaine fois) en battant le record incroyable de l’Américain aux 14 titres du Grand Chelem. Pour ce faire, il a dû se débarrasser d’un autre Américain, Andy Roddick, en finale, sous les yeux de Pete Sampras, Rod Laver, Björn Borg et John McEnroe, entre autres. Une finale monumentale. Pas tant grâce au niveau de jeu proposé, qui n’était de loin pas celui de l’an passé contre Rafael Nadal, mais plutôt grâce à une tension de tous les instants. La faute à deux facteurs principaux: premièrement, Andy Roddick (il faut bien laisser cela au courageux natif du Nebraska) évoluait à un niveau jamais connu jusqu’à présent dans sa carrière, niveau que l’on avait déjà entrevu lors des deux tours précédents face à Hewitt et Murray. Cela lui a permis de brouiller les cartes alors que toutes, absolument toutes les statistiques l’opposant à Roger Federer étaient contre lui et que beaucoup attendaient une victoire facile du Bâlois. La victoire n’a pas été aussi facile que prévu (loin s’en faut !) également pour une deuxième raison: il faut bien le dire, Federer était loin de son meilleur niveau et semblait très nerveux, ce qui l’a amené à être très passif pendant une bonne partie de la rencontre et à s’exposer aux coups de boutoir de son adversaire.
Mais heureusement pour lui, son service et les dieux du tennis l’ont sauvé. Son service (50 aces !) dans une cinquième manche qui n’a pas été grand chose d’autre qu’une bataille d’aces et de services gagnants ne l’a jamais lâché, même dans les moments où tous les autres coups de son jeu étaient aux abonnés absents. Les dieux du tennis dans le tie-break du deuxième set quand Roddick a eu quatre balles de deux sets à zéro dans sa raquette (6-2) et qu’il a certainement commencé à réfléchir à quel endroit il exposerait la coupe du champion. Résultat des courses, 8-6 pour le Suisse et certainement un premier tournant dans ce match complètement fou. Roger Federer a plié, il a été au bord de la rupture (15-40 sur un de ses jeux de service au 5e set), mais il n’a jamais rompu. C’est finalement à 15-14 dans la manche décisive que notre concitoyen parvient à breaker son adversaire d’outre-Atlantique pour la première et seule fois (!!!) du match. Il remporte son 15e titre du Grand Chelem, son 6e Wimbledon, sa 19e victoire consécutive entre le premier tour du tournoi de Madrid et cette finale et il récupère du même coup son trône de n°1 mondial. Pas mal pour quelqu’un qui va en plus de tout cela devenir papa cet été !
Il faut aussi saluer la bravoure d’Andy Roddick. Le mari de Brooklyn Decker en est à sa 19e défaite contre le maître en 21 confrontations, dont 4 en finale de Grand Chelem (toutes perdues), et il se bat toujours avec la même fougue à chaque fois qu’il affronte notre icône nationale. Aujourd’hui aussi il y a cru pendant 4h16, mais, encore une fois, cela n’a pas suffi. Et personne n’aurait crié au scandale s’il l’avait emporté. Il fait partie de ceux qui ont eu la malchance de jouer à la même époque qu’un champion d’exception, comme tous ceux qui sont tombés sur Pete Sampras au sommet de sa gloire (on citera Tim Henman et Goran Ivanisevic parmi les plus malchanceux). Imaginez un instant quelle aurait pu être la carrière de celui qui a affronté Roger Federer 8 fois dans un tournoi majeur pour autant de victoires de ce dernier et qui n’a qu’un Major à son palmarès (l’US Open 2003)… Imaginez donc quelle doit être sa détresse après être passé aussi près d’une récompense qui aurait été plus que méritée. Mais Roger Federer – et l’Histoire – en ont voulu autrement.
It feels like 2001 again
2001

2009

Andy Roddick (USA/6) defeated Lleyton Hewitt (AUS) 6-3 6-7 7-6 4-6 6-4
Yes, it really feels like 2001 again. Let’s go back in time. September 6, 2001 on Arthur Ashe Stadium in the 1/4 of the US Open, Lleyton Hewitt (20 years old at the time), number 4 in the world defeated the newbie Andy Roddick (just turned 19), number 18 in the world, on his way to his first Grand Slam title and to the number 1 rank later that year. The match ended after five sets (6-7 6-3 6-4 3-6 6-4), as it did today. But with a different outcome and different players. Today, Andy Roddick (26) has been a confirmed top ten player for seven years and is currently 6th in the world whereas Lleyton Hewitt (28) is recovering from hip surgery with a current ranking of 56th. And this time the American won this thriller in the 1/4 of Wimbledon. There’s another difference though: this victory is less likely to lead Roddick to his second Grand Slam title (after US Open 2003) because Roger Federer (n°2) and Andy Murray (N°3) seem a bit too much for Larry Stefanki’s boy. But who knows ? In New York in 2001, Hewitt had to face Pete Sampras (n° 10 and with 13 Grand Slams in his pocket at the time), Marat Safin (n°3 and defending champion) and Yevgeni Kafelnikov (n°7) on his way to his Graal.
Let’s be honest, he deserves it. At the end of the day, he was probably the best player out there. He served amazingly well (43 aces including some on very important points), his forehand was at its best and his backhand and volley seemed better than usual. Hewitt was less brilliant than against Del Potro but he didn’t give up anything, as we knew he would. He started very badly with two double faults in his first service game, which helped his opponent to break him and cost him the first set. He was a break up in the second before almost dropping the set again. At 2-5 in the tiebreak, he pulled himself together to create one of the most epic moments of the match, eventually taking the tiebreak and second set 12-10. At 6-6 in the third set, the Australian seemed to lose his concentration, lost the tiebreak 7-1 and gave up his serve to find himself down 0-2 in the fourth set.
At this moment, A-Rod seemed on his way to a semifinal clash against Briton (and only hope of a whole people) Andy Murray. But Lleyton Hewitt is only beaten when the last ball is gone and there was no way he’d give Roddick an easy victory. He broke twice and took the set 6-4. Fifth sets are often great tennis moments, epic battles. This one was not different. There was break points on both sides but finally Roddick prevailed. A parameter might have been more important than others: serve. Hewitt’s serve was too weak (59% first serve, 9 double faults) for him to be able to secure his service games. He struggled to keep his serve during the whole match whereas Roddick could fire a big serve at any given moment.
If we were to draw conclusions so far in this tournament, we would say that the old generation is far from dead (also thanks to Tommy Haas (31 years old and former number 2 in the world) who upset world number 4 Novak Djokovic) and even on the contrary: Roddick has been improving his game, especially the strokes that were called weak not so long ago and Hewitt is still on his way up to the top 20 and maybe even better. It’s 2001 all over again !
Andy loin d’être Roddickule ! Mais pourtant…


Roger Federer (SUI/2) bat Andy Roddick (USA/7) 6-2 7-5 7-5
Comme attendu, Roger Federer a battu Andy Roddick. Mais, malgré un premier set survolé par le Suisse, Roddick a su lui tenir la dragée haute avec beaucoup de courage. Aidé par un service de plomb (seulement 8 aces, mais une foule de services gagnants et des points facilement gagnés derrière des retours courts), l’Américain a longtemps retardé une échéance qui paraissait néanmoins inéluctable. Il faut saluer ses velléités offensives méritoires, mais malheureusement pour lui par trop maladroites (notamment beaucoup de “montées en slip” sur le coup droit de Federer) pour véritablement faire la différence dans les moments clés.
Les moments clés, le numéro 2 mondial les a très bien négociés, faisant la décision en fin de manche dans les deux derniers sets, évitant un tie-break de tous les dangers. Remporter les points importants, c’est ce qui fait la différence entre un bon joueur et un grand champion. Au final de ce match de très bonne qualité (seulement 15 fautes directes pour Federer et 18 pour Roddick) il n’y a tout de même pas photo entre les deux hommes: 51 coups gagnants pour Federer, 38 pour Roddick, 105 points gagnés à 85 en faveur du Bâlois.
Roger Federer jouera dimanche la finale pour l’Histoire, pour les 14 titres majeurs du grand Pete Sampras. Reste à savoir lequel des Espagnols viendra lui disputer sa place au Panthéon du tennis. Rafael Nadal, numéro 1 mondial, 5 titres du Grand Chelem, tournois qu’il a gagnés en trouvant 5 fois Federer sur sa route (dont 4 fois en finale), 12-6 dans les confrontations pour l’Espagnol, mais 3-2 en faveur du Suisse sur surface dure. Fernando Verdasco, numéro 15 mondial (dans le top ten lundi prochain), première demi-finale de Grand Chelem de sa carrière, 2-0 pour Federer dans leurs affrontements. On sait quelle finale nos nerfs helvétiques préféreraient. Mais on sait aussi quelle finale l’Histoire du jeu retiendrait le mieux.
Federer, what else ?

Roger Federer (SUI/2) bat Juan Martin Del Potro (ARG/8 ) 6-3 6-0 6-0
“- In a way, did you feel sorry for Juan Martin in the end? – Yeah, like the last couple games are not that much fun, let’s put it that way. You want to almost put him out of his misery because you know how tough it is for him to come back.” Voici un extrait de ce qu’a dit Roger Federer au sortir de son match face à l’Argentin Juan Martin Del Potro. Il n’exagère pas. Que dire ? Qu’ajouter au formidable récital qu’a proposé le meilleur joueur de tous les temps au public australien médusé et à son adversaire… à son adversaire… enfin bref, trouvez-moi un mot pour décrire l’état d’hébétude de Del Potro, je n’en ai pas d’assez fort. Réponse de l’intéressé (dans une interview qui n’a duré que le temps de quatre questions): “you have to ask Roger what happened. I can’t do nothing in the match. He play like No. 1 of the world, so that’s it”.
38 coups gagnants contre 8, 9 fautes directes contre 24, 83 points gagnés contre 36. 8 points gagnés par Del Potro dans la deuxième manche, 6 dans la troisième. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. C’est quasiment du jamais vu à ce niveau-là. Mais comment Federer fait-il pour atteindre ce niveau ? C’est tout simple, “just hard practice and a lot of talent”, dixit le Maître.
Prochaine victime euh pardon, adversaire, une vieille connaissance, l’Américain Andy Roddick, tout aminci et frétillant cette année à Melbourne. Head to head: 15-2 en faveur du Suisse. Même si “it’s a tennis match. You never know what is going to happen. That’s why it starts at 0‑0″, Federer part archi-favori de cette rencontre. A suivre demain à 9h30, heure suisse.
2009: the show must go on

Les revoilà ! La saison 2009 sera véritablement lancée lundi à Melbourne à l’occasion de l’Australian Open. L’occasion de se mettre à l’heure australienne pendant deux semaines. Et franchement, cela met l’eau à la bouche rien que d’y penser ! L’occasion pour Federer de réaffirmer sa supériorité sur le tennis mondial, pour Nadal de confirmer sa récente suprématie, pour Murray de montrer qu’il est bien la valeur montante du tennis mondial et pour Djokovic de défendre son titre. Sans parler des outsiders que sont Nalbandian, Roddick, Del Potro, Tsonga (si sa blessure de Sydney lui permet de participer), Monfils, Simon ou encore, soyons fous, Wawrinka (même s’il a un huitième de finale programmé contre Federer). Et qui sait, Lleyton Hewitt, le régional de l’étape, que l’on sait capable de mettre le feu à la Rod Laver Arena comme personne, pourrait décider de renaître de ses cendres. Tout comme Marat Safin, l’intermittent des courts et vainqueur du tournoi en 2005, qui a décidé (jusqu’à ce qu’il change d’avis ?) de ranger ses raquettes à la fin de la saison et qui pourrait bien avoir envie que l’on se souvienne de lui Down Under. Sans oublier Marcos Baghdatis qui se sent pousser des ailes chaque année sur les courts des antipodes, pour preuve sa finale de 2006 et le véritable morceau de bravoure que Hewitt et lui ont proposé au public de Melbourne jusqu’aux premières lueurs du jour l’année passée au 3e tour. Et, allez, un petit pronostic personnel, je vois bien Fernando Verdasco, le héros de la victoire espagnole en Coupe Davis, réussir un gros coup.
Un Australian Open qui promet en tout cas d’être très indécis. Il est maintenant temps de se préparer à entrer sur le court dans la fournaise de l’été australien où tous ces champions en découdront pour notre plus grand plaisir ! The show must go on !