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Apocalyptique !
Fernando Gonzalez (CHI/13) bat Richard Gasquet (FRA/24) 3-6 3-6 7-6(10) 6-2 12-10
Aucun des deux ne méritait de perdre et pourtant il en fallait un. C’est la dure loi du sport. Fernando Gonzalez a été capable de placer le coup de rein décisif au 22e jeu de cette cinquième manche somptueuse. Richard Gasquet avait pourtant pris un bien meilleur départ en empochant les deux premiers sets haut la main, mais on connaît les qualités de battant du Chilien qui ne s’avoue jamais vaincu. Les deux hommes ont ainsi pu nous offrir un magnifique combat, comme on en attend beaucoup en Grand Chelem.
Ce match aura été riche en moments d’anthologie, comme ce fantastique tie-break du troisième set qui s’est terminé (ironie du sort) sur le même score que la manche décisive en faveur de Gonzalez. Mais le plus incroyable est le fait que le match s’est joué sur un rythme infernal tout au long des cinq manches et ce pendant plus de quatre heures. Malgré une fatigue physique indéniable, les deux joueurs se sont montrés au sommet de leur art jusqu’au bout, se rendant coup pour coup, les coups gagnants tombant comme des fruits mûrs (85 pour Gonzalez, 80 pour Gasquet).
La défaite de Gasquet ne vient toutefois pas ternir le bilan de l’armada française avec Monfils (qui est très, très fort jusqu’à maintenant), Simon et Tsonga qui se sont brillament qualifiés pour les huitièmes de finale. Les matches des deux prochains jours sont d’ailleurs particulièrement alléchants avec notamment Dokic-Kleybanova (pour un énième exploit de l’Australienne ?), Baghdatis-Djokovic (qui a l’air d’être nettement le moins fort des “Fabulous Four” cette semaine), Verdasco-Murray, Blake-Tsonga, Simon-Monfils. Vivement demain !
P.S. On ne parlera pas de Nadal, ça fait partie des sujets qui fâchent^^ et on ajoutera au passage que Hewitt ne perd jamais contre le premier venu
Hewitt is… not quite back yet

Fernando Gonzalez (CHI/13) bat Lleyton Hewitt (AUS) 5-7 6-2 6-2 3-6 6-3
Hewitt n’était pas loin, mais tout de même un peu juste pour accrocher Gonzalez à son palmarès 2009. Mais pouvoir jouer un 5e set devant 15′000 personnes sur la Rod Laver Arena contre le 14e joueur mondial, c’est tout de même quelque chose, après une opération à la hanche et 5 mois sans jouer un seul match.
Reste que Gonzalez était prenable. Fidèle à sa réputation, l’artificier chilien a alterné le meilleur (67 coups gagnants) et le pire (58 fautes directes), ce qui fait que Hewitt a passé certains jeux sans vraiment toucher la balle. L’Australien n’a, malheureusement pour lui, pas profité du momentum qui était clairement de son côté après le gain de la 4e manche. Après ces balles de break (de K.O. ?) manquées au 3e jeu, la confiance a changé de camp et “Gonzo” n’a plus vraiment été inquiété malgré la perte de son service au 5e jeu.
La raison principale de ce 5e set somme toute assez tranquille pour le Chilien est à aller chercher du côté de la mise en jeu de son adversaire australien. Avec un service aussi défaillant (53% de premières balles, 11 doubles fautes), chaque jeu de service devient extrêmement périlleux. Et dans le tennis moderne il faut absolument pouvoir s’appuyer sur une mise en jeu digne de ce nom (selon une information de dernière minute, Hewitt ressentirait encore une faiblesse dans la jambe gauche due à son opération de la hanche, ce qui expliquerait quelques ennuis au moment de pousser sur les jambes pour servir).
Il faut cependant relever quelques points positifs. Hewitt n’a rien perdu de sa combativité légendaire qui lui a permis d’arracher le 4e set et de sa vision du jeu qui lui permet de compenser un manque de puissance qui a tout de même paru criard aujourd’hui. Hewitt doit maintenant tirer les enseignements de cette rencontre qui doit servir de point de départ et de base de travail à une année 2009 qui se veut être celle d’un retour au premier plan. Cette rencontre va encore lui faire perdre énormément de points au classement ATP, étant donné qu’il était huitième de finaliste la saison dernière, mais plus la saison avancera et moins il aura de points à défendre. L’opportunité de récupérer un classement un peu plus honorable qui lui éviterait des premiers tours comme celui-là.
Quoi qu’il en soit, comme le dit la journaliste australienne Eleanor Preston, “Perhaps it was not quite the barnburner that we had all hoped for, but Lleyton Hewitt against Fernando Gonzalez was at least a reminder of why tennis in general – and Australian tennis in particular – will miss the old campaigner when he eventually decides to stop battling and hangs up his rackets for good. (…) The hunger is still there in Hewitt, and that is to be celebrated. Tennis’s grittiest battler will fight another day.”
Et l’Australie pourra se consoler avec la victoire de Bernard Tomic, 16 ans, le plus jeune joueur de tous les temps à gagner un match dans le tableau principal de l’Australian Open. La relève serait-elle enfin là après une année 2008 où pour la première fois aucun Australien n’a réussi à décrocher de titre ? Quand on sait que Lleyton Hewitt était (et est toujours) le plus jeune joueur à se qualifier pour l’Open à l’âge de 15 ans en 1997, Tomic a de qui tenir.
De l’or et des étoiles


C’est fait ! Roger Federer a enfin obtenu sa médaille olympique à sa troisième tentative, même s’il faut bien dire que ce n’était pas exactement celle qu’il était venu chercher. Mais une médaille est une médaille, d’autant plus si elle est en or ! C’est donc avec son compère Stanislas Wawrinka que le Bâlois a décroché l’or chinois. Les deux Suisses ont battu la paire suédoise Aspelin/Johansson en finale après avoir écarté les frères Bryan, n°1 mondiaux de leur état. C’est une belle récompense pour le tennis suisse, seize ans après Marc Rosset qui avait remporté le titre à Barcelone en 1992. Et cela ne manquera pas de regonfler le moral chancelant de Roger Federer après sa mortifiante défaite en simple.
Le simple justement a été archi-dominé par son grand rival, Rafael Nadal, qui a battu le valeureux Fernando Gonzalez en finale. Un titre qui fait du bien à l’Espagne qui figure pour l’instant derrière la Suisse (!) au tableau des médailles. Le nouveau n°1 mondial (dès lundi) a fait montre de toute sa classe durant cette semaine olympique, dégoûtant ses adversaires les uns après les autres. Le seul qui semble en mesure de lui contester sa domination sans partage cette année est le Serbe Novak Djokovic, vainqueur de James Blake dans la “petite finale” et donc médaillé de bronze.
A noter encore que le tournoi féminin a vu un triplé russe, le titre revenant à Elena Dementieva devant Dinara Safina et Vera Zvonareva et que le double féminin a été remporté par les soeurs Williams devant les Espagnoles Virginia Ruano Pascual et Anabel Medina Garrigues et les Chinoises Jie Zheng et Zi Yan
Reste à voir si ceux qui se sont illustrés à Pékin seront capables de tirer leur épingle du jeu à New York, malgré la fatigue. On ne se fait pas trop de souci pour Nadal sur ce plan-là… Par contre, Federer risque bien de ne pas réussir à se relever avant la saison prochaine. La pause des fêtes de fin d’année lui fera le plus grand bien. Si on était lui, on aurait même tendance à déclarer forfait aux Masters Series de Madrid et Paris pour se concentrer exclusivement sur l’US Open et la Masters Cup.