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Mais qui peut battre Rafa à Roland Garros ?

avec 9 commentaires

rafa

Le n°1 mondial et maître absolu de la terre battue n’a jamais été battu Porte d’Auteuil où il est quadruple tenant du titre. Alors, un cinquième titre d’affilée sans coup férir (comme d’habitude, serait-on tenté de dire) ? Ses rivaux vont tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Tour d’horizon des principaux papables et de quelques outsiders pour la succession du roi.

Pourquoi ils vont battre Rafael Nadal:

Andy Murray (ATP 4) -> Parce que malgré sa place de n°4 mondial, il mériterait plutôt d’être n°2 au vu de ses résultats sur les derniers mois. Il est donc celui qui est le plus proche de Nadal. Parce qu’il n’a pas les problèmes qu’a Federer face au Majorquin: il est à l’aise sur terre battue (d’accord, Federer l’est aussi, même si c’est sa moins bonne surface), il n’a aucun problème psychologique au moment d’aborder le cas Nadal (il est mené 6-2 dans les confrontations directes, mais il a remporté deux des quatre derniers face-à-face) et son revers est probablement son meilleur coup. Par conséquent l’Ecossais n’a pas d’ennui dans la diagonale coup droit-revers, contrairement à Federer. En parlant de coups, Murray est probablement le joueur le plus complet actuellement. Il frappe fort des deux côtés, se déplace très bien, varie extrêmement bien ses coups, peut attaquer et défendre avec le même bonheur. Voilà pourquoi Andy Murray sera l’adversaire numéro un du gaucher de Manacor à Paris.

Fernando Verdasco (ATP 7) -> Parce que même s’il n’a jamais battu Nadal, il sait qu’il peut le battre depuis leur affrontement de légende en demi-finale à Melbourne. Verdasco est un tout autre joueur que celui qui avait pris une fessée en 1/8 de Roland Garros en 2008. Depuis il est devenu un héros en Espagne en offrant à son pays le dernier point de la victoire en Coupe Davis, s’est entraîné avec Gil Reyes, ancien préparateur physique d’Andre Agassi, pendant la pause hivernale, a flambé en Australie et a même pu bénéficier des conseils avisés de Darren Cahill à Indian Wells. De plus, le Madrilène n’a pas grand chose à envier à Nadal sur le plan du jeu. Il est gaucher lui aussi, son coup droit est terrible, il est extrêmement puissant et endurant. Un seul petit point noir, son revers, qui manque un peu de profondeur par moments. Mais un duel face à son compatriote sur la brique pilée ne lui fait pas peur pour autant.

Novak Djokovic (ATP 3) -> Parce qu’il en a tellement envie. Cela fait déjà plusieurs années qu’il le claironne sur tous les toits: Roger Federer et Rafael Nadal ne lui font pas peur. Parce qu’il a les moyens tennistiques de ses ambitions aussi, malgré un changement de marque de raquette un peu problématique en ce début d’année. Parce qu’il frappe fort des deux côtés et son revers est très solide. Le Serbe a battu l’Espagnol quatre fois en quinze confrontations, toutes sur le ciment nord-américain. Certes, ce n’est pas énorme, mais on peut compter sur “Nole” pour ne pas se laisser impressionner. Contrairement à notre Roger national, il n’a pas l’habitude de cultiver des complexes d’infériorité. Et il n’a pas été loin de battre Nadal sur terre à plusieurs reprises, dont lors de la récente finale du Masters 1000 de Monte Carlo.  Un gros point d’interrogation toutefois: son physique. Face au rouleau compresseur Nadal qui peut aligner neuf heures de jeu en deux jours sans problèmes, celui qui a dû abandonner sous la canicule australienne pour hypertermie fait figure de poids plume sur la longueur des cinq sets.

Roger Federer (ATP 2) -> Parce que l’Histoire voudrait qu’il gagne Roland Garros. Parce que c’est le plus grand joueur de tous les temps et qu’il n’a pas fini de nous étonner. Avec lui tout est possible, il peut sortir à tout moment un coup de génie de sa raquette. C’est vrai qu’il faut en sortir pas mal pour battre Nadal, mais pourquoi pas ? Mais il y a une condition: se remettre en question pour sortir de cette mauvaise passe actuelle. Alors, pourquoi pas un coach ? Quelqu’un qui puisse l’aider à adopter la bonne tactique face à son meilleur ennemi, quelqu’un qui puisse l’aider à oublier son énorme complexe d’infériorité.

Stanislas Wawrinka (ATP 12) -> Parce que les Suisses ont besoin de garder l’espoir en ces temps de disette pour Roger Federer. Et surtout parce que s’il y a une surface sur laquelle “Stan” peut battre le taureau des Baléares c’est bien la terre ocre. Il a montré par ses récents résultats qu’il faisait partie des meilleurs spécialistes de cette surface (finale à Rome en 2008, demi-finale à Monte Carlo en 2009). Mais il a deux gros problèmes à surmonter pour prendre encore un peu plus de bouteille: premièrement, il faut qu’il arrive à épingler un peu plus souvent des membres du top 10 (voire du top 5), comme Djokovic qu’il n’a pas été loin de battre à plusieurs reprises dernièrement (oui, parce qu’en ce qui concerne Federer, désolé Roger, ce n’était pas le n°2 mondial qui était sur le court ce jour-là). Deuxièmement, il y a toujours ce cap des huitièmes de finale à dépasser en Grand Chelem.

David Nalbandian (ATP 15) -> Parce que, sur un match, il peut battre absolument n’importe qui. J’en veux pour preuve les Masters Series de Madrid et Paris 2007 où l’Argentin avait épinglé Roger Federer et atomisé Rafael Nadal deux fois de suite pour s’adjuger les deux titres. Mais bon, on ne sait jamais avec lui, il peut tout aussi bien perdre au premier tour contre le 500e mondial…

Nikolay Davydenko (ATP 8 ) -> Parce qu’il est moche et sans charisme et que tout le monde le déteste… Ah non, rien à voir ! Parce que c’est un spécialiste de terre battue et qu’il peut faire déjouer n’importe qui si son jeu de métronome se met bien en place. Parce qu’il a battu Nadal deux fois en cinq confrontations et qu’il l’a poussé dans ses derniers retranchements sur terre battue.

Igor Andreev (ATP 26) -> Non, ne riez pas ! Il fait partie des “happy few” à avoir battu Nadal sur terre battue. C’était en 2005 à Valence. Avec son coup droit ultralifté de mammouth, c’est une sorte de Nadal droitier (en beaucoup moins fort, d’accord).

Cela dit, je pense que personne ne battra Nadal à Roland Garros. Et même mieux: je pense que personne ne le battra sur terre battue. Et vous, qu’en pensez-vous ?

13 majeur

sans commentaires

“You’re not superstitious ?” demandait l’un des pontes de l’USTA (United States Tennis Association) en remettant le trophée à Roger Federer. Non, il ne l’est pas et il vient de remporter son treizième titre du Grand Chelem, le cinquième de suite à New York (il est le premier à réaliser cela dans l’ère open) en offrant un véritable récital au public ébahi du central Arthur Ashe. Dommage pour le spectacle, Andy Murray n’était, lui, pas au rendez-vous. Totalement étouffé par les coups fulgurants du n°2 mondial dès le début, l’Ecossais n’a jamais pu hisser son niveau de jeu suffisamment pour pouvoir espérer quoi que ce soit de ce match. C’était sa première finale dans un tournoi majeur, il était déjà bien entamé physiquement par ses combats précédents et le Maître ne lui a laissé aucune chance. Mais on ne se fait pas de souci pour lui, il s’en remettra et aura d’autres occasions de gagner des matches comme celui-ci.

Toujours est-il que Federer a cloué le bec de tous ses détracteurs pendant cette quinzaine new-yorkaise. A voir sa joie au moment du dénouement, cela a été un énorme soulagement pour lui et on le comprend. Le Suisse n’est plus maintenant qu’à une unité du légendaire record de Pete Sampras. L’année 2009 sera passionnante avec cette course au record et la bataille annoncée entre Federer, Nadal, Djokovic plus quelques jeunes loups aux dents (très) longues comme Andy Murray et Juan Martin Del Potro. D’ailleurs Federer l’a dit lui-même, “Je ne veux pas m’arrêter à ce chiffre 13, ce serait terrible.”

Rédigé par Raph

septembre 9, 2008 à 5:07

Quelle déculottée !

avec un commentaire

6-1 6-3 6-3. Le score est sans appel et il représente bien la différence de niveau qui existe actuellement entre Stanislas Wawrinka et un véritable membre du top ten comme Andy Murray. Car il faut bien le dire, la place de n°10 mondial du Suisse n’est pas représentative de sa fiche de résultats. Avec des jeunes joueurs comme Juan Martin Del Potro qui sont en train de se faire leur place, les jours de Wawrinka dans le top ten sont comptés s’il n’arrive pas à passer l’écueil des huitièmes de finale en Grand Chelem.

Mais revenons au match. Pourquoi un score aussi sec ? La première raison, il faut être honnête, a été l’excellent niveau de jeu de l’Ecossais qui a pris son adversaire à la gorge en début de match, le breakant deux fois d’entrée, pour ne plus le lâcher par la suite. Mais, une fois le premier orage passé, Wawrinka a eu sa chance, comme au septième jeu du deuxième set où il mène 15-40 sur le service de son adversaire sans concrétiser. Au niveau des faiblesses, côté suisse, il y a le service (quand on sait que le Vaudois n’a remporté que 64% des points joués sur sa première balle et surtout 33% sur sa seconde balle, on comprend pourquoi Murray, très agressif en retour, l’a breaké six fois) et une fois encore un nombre de fautes directes beaucoup trop important (37 contre 15 à son adversaire), notamment sur les points importants. Ces points importants, son adversaire du jour les a tout simplement tous remportés.

Tactiquement, Wawrinka n’a pas non plus choisi les bonnes options, jouant beaucoup trop loin de sa ligne de fond dès le retour de service. On a d’ailleurs pu le voir, les rares fois où il a été agressif dans l’échange (et où il ne commettait pas la faute sur le deuxième coup de raquette), il a mis Murray en difficulté. Le Britannique, au contraire, a quasiment toujours joué le coup juste, très agressif du fond du court, venant conclure au filet au moment opportun et distillant ses amorties diaboliques à bon escient. On remarquera que les courses vers l’avant de Wawrinka mériteraient un peu plus de légèreté. Mais arrêtons de tirer sur l’ambulance…

Voilà donc qui explique la dureté du score et qui montre tous les progrès que Stanislas Wawrinka doit encore accomplir s’il veut rivaliser avec les meilleurs et enfin se qualifier pour un quart de finale de Grand Chelem. Un quart de finale où Andy Murray affrontera l’Argentin Juan Martin Del Potro dans un match qui sent la poudre.

Rédigé par Raph

septembre 2, 2008 à 2:06