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MERCI HAKAN !




Suisse – Portugal 2-0 (0-0)
La Suisse a fini en beauté un Euro qui s’était terminé avant même d’avoir commencé en battant le Portugal de très belle manière. Le héros de ce match et de ce tournoi s’appelle Hakan Yakin, les trois buts helvétiques à son actif. La Suisse a vaincu le signe indien, elle a conquis sa première victoire dans un Euro.
La Nati tenait tout d’abord bien le choc avec quelques parades déterminantes de Pascal Zuberbühler, qui sort lui aussi par la grande porte sans aucun but encaissé en phase finale, Euro et Coupe du monde confondus. Le tournant du match survient à la 61e minute quand Tranquillo Barnetta rentre pour Johann Vonlanthen, qui aura raté l’occasion de se mettre en évidence pour sa première titularisation. L’équipe nationale emmenée par un Barnetta retrouvé (du moins partiellement) connaît dès lors une très bonne période qui se concrétise par un but de Hakan Yakin, très bien servi par une passe lumineuse de Eren Derdiyok (71e). Les Portugais, apparemment vexés, mettent une certaine pression sur la défense suisse, sans succès. A la 83e minute, les joueurs à croix blanche obtiennent même un penalty pour une faute de Fernando Meira sur Barnetta. Un penalty magistralement transformé par Yakin, encore lui, qui devient le meilleur buteur helvétique en Championnat d’Europe des Nations.
Au rang des bonnes prestations du côté suisse, il faut aussi et surtout relever celle de Gökhan Inler qui a beaucoup pesé dans le jeu et décoché deux frappes de mule dont une a touché le poteau (64e). Un grand merci également à Madame Chance qui nous a enfin souri, pour la première fois en trois matches, les Lusitaniens ayant ajusté le poteau et la barre transversale.
Même s’il ne faut pas se leurrer (des joueurs comme Ronaldo, Deco ou encore Nuno Gomes n’étaient pas sur le terrain ce soir), la Suisse a réussi sa sortie après s’être pris les pieds sur le pas de la porte d’entrée. Ottmar Hitzfeld va pouvoir construire sa sélection sur des bases solides, apportées par Köbi Kuhn, à qui, même si on l’a beaucoup critiqué (avec raison), on doit tout de même certaines choses.
Bon vent à notre Nati et… HOPP SUISSE !
La Suisse prend l’eau


Suisse – Turquie 1-2 (1-0)
La Suisse ne sera pas en quart de finale de l’Euro 2008. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est une surprise. Mais les circonstances de cette élimination sont tout de même rageantes. D’abord cette défaite impardonnable contre les Tchèques et maintenant c’est une véritable douche froide, dans tous les sens du terme, qui est tombée sur la tête des joueurs suisses à Bâle.
Tout avait pourtant bien commencé. Après avoir résisté à une période de domination turque en début de première mi-temps, les Helvètes parvenaient à ouvrir le score à la 32e minute dans des conditions rappelant un match de water polo. En effet, une énorme averse s’était abattue sur le Stade Saint-Jacques qui rendait le terrain à l’extrême limite du praticable. Eren Derdiyok débordait en nage libre sur le flanc droit, dribblait le gardien Volkan pour parvenir à centrer pour Hakan Yakin (meilleur Suisse avec Behrami et Inler ce soir) qui devait stopper son crawl pour patauger jusqu’au ballon qui s’était arrêté dans la gadoue de la ligne de but déserté par le portier turc et le pousser d’une dernière brasse au fond des filets. Au coup de sifflet marquant la pause, tout le monde s’accordait à dire que la Suisse gérait bien la situation malgré les conditions.
Puis, en deuxième période, les joueurs à croix blanche ont perdu le contrôle d’un match qui paraissait à leur main. Malheureusement, l’arbitre aussi. En effet, M. Lubos Michel, comme beaucoup d’hommes en noir au cours de cet Euro, a soudainement commencé à multiplier les fautes d’appréciation, notamment sur les hors-jeu (imaginaires), joyeusement épaulé par ses deux assistants. Les Turcs profitaient évidemment du laxisme du trio arbitral pour pourrir le match à coups de fautes vicieuses et autres simulations.
Mais il ne faut pas se leurrer. Si l’incompétence arbitrale et la roublardise turque ont incontestablement joué un rôle dans la déroute helvétique, c’est aux Suisses qu’en revient le plus grand “mérite” de par leurs carences criardes. Des carences défensives tout d’abord, qui ont coûté les deux buts qui nous boutent hors de la compétition. En effet, Ludovic Magnin (par ailleurs exemplaire) oubliait Semih Senturk qui pouvait égaliser de la tête (57e), un ballon qui semblait arrêtable, sur lequel Diego Benaglio a manqué d’autorité. A la 93e minute, Arda Turan crucifiait la Nati en décochant un tir dévié qui lobait le pauvre Benaglio sous le regard d’une défense passive, embourbée dans le gazon rhénan.
L’équipe de Suisse a aussi affiché ses carences dans le jeu. Avec un Tranquillo Barnetta hors de forme et physiquement complètement à la rue, les Suisses ont perdu leur seul vrai meneur de jeu. La seule action dangereuse initiée par le demi saint-gallois étant un (superbe) coup franc détourné par l’excellent Volkan en première période. Et comme aucun autre joueur suisse ne semble en mesure de tenir le rôle de Barnetta quand celui-ci n’est pas à 100 %…
Mais plus que toutes ces carences, l’Euro aura montré les terribles carences helvétiques en matière de conclusion. Après les maintes occasions manquées contre les Tchèques samedi dernier, les Suisses ont eu ce soir deux énormes occasions de classer définitivement l’affaire. Tout d’abord Yakin aurait pu et dû inscrire le 2-0 à la 36e minute alors qu’il était seul devant le but. Cette réussite aurait probablement laissés les Turcs la tête sous… l’eau pour de bon. Ensuite, à la 84e minute, Yakin, Gelson et Inler se retrouvaient en rupture à trois contre un défenseur turc. Sans succès. Cette rencontre a donc prouvé que notre équipe nationale est actuellement très loin d’avoir le niveau de jeu pour pouvoir bousculer la hiérarchie européenne.
Le match de dimanche contre le Portugal, qui devait être un match capital pour la qualification, retombe au rang de match sans enjeu. Un match amical en quelque sorte, au même titre que tous ceux disputés entre la Coupe du monde 2006 et cet Euro. Deux matches officiels en deux ans, idéal pour jauger le niveau d’une sélection…
Au rang des choses à changer, citons en premier lieu Köbi Kuhn, qui a fait montre une nouvelle fois de son coaching mollasson en présentant une équipe avec un seul attaquant nominal (Derdiyok, 19 ans seulement) pour un match que la Suisse devait absolument gagner et en n’introduisant Johann Vonlanthen qu’à la 66e minute (soit 9 minutes après le but, c’est ce qu’on appelle du coaching d’anticipation) pour un Barnetta sur les rotules et Daniel Gygax à la… 86e minute. Un changement alibi ou bien le Zurichois espérait-il vraiment faire basculer le match à quatre minutes de la fin ? D’aucuns diront qu’il a tout de même fait le bon choix de laisser Marco Streller sur le banc… D’ailleurs, lorsqu’on observe les réactions de Fatih Terim et du banc turc, parfois exagérées il est vrai, mais toujours énergiques en comparaison avec l’extraordinaire force d’inertie de Köbi Kuhn, qui a eu toutes les peines du monde à se lever pour saluer le but helvétique et on ne parle même pas de lever les bras, on comprend certaines des raisons qui ont poussé la victoire à choisir le camp des visiteurs.
L’ère Kuhn à la tête de la sélection nationale touche bel et bien à sa fin. Place maintenant à Ottmar Hitzfeld et à un avenir, espérons-le, un peu moins nuageux que ce soir. Avec, à l’horizon, la Coupe du monde 2010. Comme tout cela paraît lointain…