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ENFIN !!!


Espagne – Italie 0-0, 4-2 T.A.B.
L’Espagne a vaincu le signe indien. Après 88 ans de disette, les Ibères ont battu les Italiens dans un match officiel pour la première fois depuis les Jeux olympiques d’Anvers en 1920. Ils n’avaient plus non plus dépassé le stade des quarts de finale dans une compétition internationale depuis la finale de l’Euro 1984, perdu contre la France. Au bout de la nuit, c’est Cesc Fabregas qui envoie son équipe au paradis en marquant le dernier tir au but, après qu’Iker Casillas eut repoussé deux envois italiens. Les Espagnols retrouveront la Russie en demi-finale dans un match qui promet.
Si ce match s’est joué à la terrible loterie des tirs au but, on ne peut pas dire que les hommes de Luis Aragones (qui peut presque dire qu’il se souvient de la victoire de 1920…) aient volé ce succès. Ils ont en effet dominé la majeure partie de la rencontre, se créant presque toutes les (rares) occasions d’une partie cadenassée, la seule occasion italienne digne de ce nom intervenant à la 62e minute sur un tir de Mauro Camoranesi miraculeusement repoussé par Casillas. Les principales victimes du blocage du match, transformé en véritable partie d’échecs, ont été les attaquants. Fernando Torres a été complètement muselé jusqu’à sa sortie, David Villa n’a pas eu son rayonnement habituel, même s’il a beaucoup tenté, sans parler de Toni-la-déveine du côté transalpin. Il était décidément écrit que le pauvre Luca ne marquerait pas durant cet Euro.
Le danger côté espagnol est souvent venu de David Silva, jeune joueur de 22 ans, sociétaire de Valence, qui a énormément tiré en direction de la cage de Gianluigi Buffon, sans succès. A souligner aussi l’excellente prestation de Marcos Senna et de Sergio Ramos, côté ibérique et de la défense italienne en général et de Giorgio Chiellini (qui est le remplaçant de Materazzi qui remplace Cannavaro) en particulier. Car s’il faut laisser quelque chose à la Squadra Azzura ce soir, c’est bien leur intransigeance défensive quasiment proverbiale. Malheureusement, la très bonne organisation tactique des deux équipes à un peu “tué” le match.
Cela dit, l’Espagne a mérité cette victoire pour sa prestation dans ce match, comme on l’a dit plus haut, mais aussi pour sa prestation dans le tournoi en général. Une fois n’est pas coutume, la créativité l’a emporté sur la destruction, le jeu l’a emporté sur le catenaccio. Et ça fait plaisir.
C’est la faute du coach… ou alors celle de l’arbitre…


Les Suisses sont éliminés. C’est la faute de Köbi Kuhn. Il a fait des mauvais choix, il a instauré une routine malsaine. Les Français sont au bord du gouffre. C’est la faute de Raymond Domenech. Il n’a jamais rien gagné avec les Espoirs entre 1993 et 2004 et toujours rien avec l’équipe A entre 2004 et 2008. Il ferait mieux de régler les problèmes de l’équipe plutôt que de se contenter de dispenser des bon mots à la presse. Les Italiens sont sur la corde raide. C’est la faute de Roberto Donadoni. Il est trop poli, il n’ose pas polémiquer. Il est incapable d’assumer la succession de Marcello Lippi.
Ou plutôt non. Tout ça, c’est la faute des arbitres. Si la Suisse a perdu c’est parce que M. Rosetti n’a pas sifflé de penalty sur une faute de main manifeste de Ujfalusi dans la surface de réparation, parce que M. Michel n’a pas non plus sifflé quand Magnin était déséquilibré par un Turc dans ces mêmes seize mètres cinquante. Même chose pour les Italiens qui se sont vus refuser un but pour un hors-jeu imaginaire de Toni contre la Roumanie (match arbitré par M. Ovrebo). D’ailleurs les arbitres assistants ne les voient jamais ces hors-jeu. Ou alors ils en inventent. Et les Français ? Ah oui, eux c’est la météo qui les ennuie. Il faisait trop chaud pendant leur match contre les Roumains. C’est vrai que c’est le principal problème en Suisse en ce mois de juin. Il fait trop chaud !
Il est vrai que les trois sélectionneurs précédemment cités ne remporteront pas la palme du coaching le plus fin lors de cet Euro. Il est vrai que l’arbitrage est très loin d’être à la hauteur de l’événement, quoi qu’en disent les instances de l’UEFA, Michel Platini en tête, dans une langue de bois qui n’a rien à envier à celle de Kuhn ou Domenech. Oui, tout cela est vrai. Mais si la Nati, tellement remplie d’ambitions et de bonnes intentions, si les Bleus et les Azzurri, finalistes de la dernière Coupe du monde (on avait presque oublié, hein ?) sont incapables de passer le premier tour (au moins un maillot bleu restera sur le carreau), c’est qu’il y a d’autres problèmes.
Il y a quand même onze joueurs sur le terrain. Ce sont eux et eux seuls qui font la décision une fois la partie engagée. L’entraîneur est sur la touche, spectateur en somme (même si Domenech s’est particulièrement illustré par des changements plus que douteux l’autre jour contre les Pays-Bas). Les penalties refusés à l’équipe de Suisse ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Si on veut remporter un match, il faut être meilleur que son adversaire. Et si on est meilleur que son adversaire, on est capable de marquer autrement que seul à onze mètres du gardien. Quand on a un contingent comme celui des Français ou des Italiens, qui ferait rêver n’importe quel entraîneur au monde, ce n’est certainement pas (entièrement) la faute du coach si on n’arrive pas à gagner.
Alors au lieu de choisir la facilité et de mettre tous les maux sur le dos de l’entraîneur ou de l’arbitre, une petite dose d’autocritique ne ferait peut-être pas de mal de temps à autre, non ?
Le football total est de retour !

Pays-Bas – Italie 3-0 (2-0)
Une extraordinaire équipe des Pays-Bas a tout bonnement atomisé les champions du monde en titre italiens. La Squadra Azzura a en effet été engloutie par une incroyable vague “Oranje”. 3-0. Deux chiffres pour symboliser les 30 ans pendant lesquels les Pays-Bas n’avaient plus battu l’Italie.
Une claque pour les Transalpins, une claque aussi pour tous les détracteurs de Marco Van Basten, très critiqué pour ses choix. Des choix qui ont fait leurs preuves, c’est sûr ! Un magnifique mélange entre l’expérience de joueurs comme Van der Sar (impérial ce soir) et Van Bronckhorst et la fougue de la jeunesse avec des joueurs comme Sneijder (meilleur homme sur le terrain), Kuyt ou Van der Vaart. Demandez aux Italiens ce qu’ils en pensent.
On disait que le football total néerlandais, symbolisé par Johann Cruyff dans les années 70, par Van Basten, Gullit ou encore Rijkaard dans les années 80 et par Kluivert et Bergkamp dans les années 90 était mort à son entrée au XXIe siècle. S’il avait jamais disparu, il est officiellement de retour.