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Posts Tagged ‘Köbi Kuhn

C’est la faute du coach… ou alors celle de l’arbitre…

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Les Suisses sont éliminés. C’est la faute de Köbi Kuhn. Il a fait des mauvais choix, il a instauré une routine malsaine. Les Français sont au bord du gouffre. C’est la faute de Raymond Domenech. Il n’a jamais rien gagné avec les Espoirs entre 1993 et 2004 et toujours rien avec l’équipe A entre 2004 et 2008. Il ferait mieux de régler les problèmes de l’équipe plutôt que de se contenter de dispenser des bon mots à la presse. Les Italiens sont sur la corde raide. C’est la faute de Roberto Donadoni. Il est trop poli, il n’ose pas polémiquer. Il est incapable d’assumer la succession de Marcello Lippi.

Ou plutôt non. Tout ça, c’est la faute des arbitres. Si la Suisse a perdu c’est parce que M. Rosetti n’a pas sifflé de penalty sur une faute de main manifeste de Ujfalusi dans la surface de réparation, parce que M. Michel n’a pas non plus sifflé quand Magnin était déséquilibré par un Turc dans ces mêmes seize mètres cinquante. Même chose pour les Italiens qui se sont vus refuser un but pour un hors-jeu imaginaire de Toni contre la Roumanie (match arbitré par M. Ovrebo). D’ailleurs les arbitres assistants ne les voient jamais ces hors-jeu. Ou alors ils en inventent. Et les Français ? Ah oui, eux c’est la météo qui les ennuie. Il faisait trop chaud pendant leur match contre les Roumains. C’est vrai que c’est le principal problème en Suisse en ce mois de juin. Il fait trop chaud !

Il est vrai que les trois sélectionneurs précédemment cités ne remporteront pas la palme du coaching le plus fin lors de cet Euro. Il est vrai que l’arbitrage est très loin d’être à la hauteur de l’événement, quoi qu’en disent les instances de l’UEFA, Michel Platini en tête, dans une langue de bois qui n’a rien à envier à celle de Kuhn ou Domenech. Oui, tout cela est vrai. Mais si la Nati, tellement remplie d’ambitions et de bonnes intentions, si les Bleus et les Azzurri, finalistes de la dernière Coupe du monde (on avait presque oublié, hein ?) sont incapables de passer le premier tour (au moins un maillot bleu restera sur le carreau), c’est qu’il y a d’autres problèmes.

Il y a quand même onze joueurs sur le terrain. Ce sont eux et eux seuls qui font la décision une fois la partie engagée. L’entraîneur est sur la touche, spectateur en somme (même si Domenech s’est particulièrement illustré par des changements plus que douteux l’autre jour contre les Pays-Bas). Les penalties refusés à l’équipe de Suisse ne sont que l’arbre qui cache la forêt. Si on veut remporter un match, il faut être meilleur que son adversaire. Et si on est meilleur que son adversaire, on est capable de marquer autrement que seul à onze mètres du gardien. Quand on a un contingent comme celui des Français ou des Italiens, qui ferait rêver n’importe quel entraîneur au monde, ce n’est certainement pas (entièrement) la faute du coach si on n’arrive pas à gagner.

Alors au lieu de choisir la facilité et de mettre tous les maux sur le dos de l’entraîneur ou de l’arbitre, une petite dose d’autocritique ne ferait peut-être pas de mal de temps à autre, non ?

Rédigé par Raph

juin 17, 2008 à 3:29

La Suisse prend l’eau

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Suisse – Turquie 1-2 (1-0)

La Suisse ne sera pas en quart de finale de l’Euro 2008. On n’ira pas jusqu’à dire que c’est une surprise. Mais les circonstances de cette élimination sont tout de même rageantes. D’abord cette défaite impardonnable contre les Tchèques et maintenant c’est une véritable douche froide, dans tous les sens du terme, qui est tombée sur la tête des joueurs suisses à Bâle.

Tout avait pourtant bien commencé. Après avoir résisté à une période de domination turque en début de première mi-temps, les Helvètes parvenaient à ouvrir le score à la 32e minute dans des conditions rappelant un match de water polo. En effet, une énorme averse s’était abattue sur le Stade Saint-Jacques qui rendait le terrain à l’extrême limite du praticable. Eren Derdiyok débordait en nage libre sur le flanc droit, dribblait le gardien Volkan pour parvenir à centrer pour Hakan Yakin (meilleur Suisse avec Behrami et Inler ce soir) qui devait stopper son crawl pour patauger jusqu’au ballon qui s’était arrêté dans la gadoue de la ligne de but déserté par le portier turc et le pousser d’une dernière brasse au fond des filets. Au coup de sifflet marquant la pause, tout le monde s’accordait à dire que la Suisse gérait bien la situation malgré les conditions.

Puis, en deuxième période, les joueurs à croix blanche ont perdu le contrôle d’un match qui paraissait à leur main. Malheureusement, l’arbitre aussi. En effet, M. Lubos Michel, comme beaucoup d’hommes en noir au cours de cet Euro, a soudainement commencé à multiplier les fautes d’appréciation, notamment sur les hors-jeu (imaginaires), joyeusement épaulé par ses deux assistants. Les Turcs profitaient évidemment du laxisme du trio arbitral pour pourrir le match à coups de fautes vicieuses et autres simulations.

Mais il ne faut pas se leurrer. Si l’incompétence arbitrale et la roublardise turque ont incontestablement joué un rôle dans la déroute helvétique, c’est aux Suisses qu’en revient le plus grand “mérite” de par leurs carences criardes. Des carences défensives tout d’abord, qui ont coûté les deux buts qui nous boutent hors de la compétition. En effet, Ludovic Magnin (par ailleurs exemplaire) oubliait Semih Senturk qui pouvait égaliser de la tête (57e), un ballon qui semblait arrêtable, sur lequel Diego Benaglio a manqué d’autorité. A la 93e minute, Arda Turan crucifiait la Nati en décochant un tir dévié qui lobait le pauvre Benaglio sous le regard d’une défense passive, embourbée dans le gazon rhénan.

L’équipe de Suisse a aussi affiché ses carences dans le jeu. Avec un Tranquillo Barnetta hors de forme et physiquement complètement à la rue, les Suisses ont perdu leur seul vrai meneur de jeu. La seule action dangereuse initiée par le demi saint-gallois étant un (superbe) coup franc détourné par l’excellent Volkan en première période. Et comme aucun autre joueur suisse ne semble en mesure de tenir le rôle de Barnetta quand celui-ci n’est pas à 100 %…

Mais plus que toutes ces carences, l’Euro aura montré les terribles carences helvétiques en matière de conclusion. Après les maintes occasions manquées contre les Tchèques samedi dernier, les Suisses ont eu ce soir deux énormes occasions de classer définitivement l’affaire. Tout d’abord Yakin aurait pu et dû inscrire le 2-0 à la 36e minute alors qu’il était seul devant le but. Cette réussite aurait probablement laissés les Turcs la tête sous… l’eau pour de bon. Ensuite, à la 84e minute, Yakin, Gelson et Inler se retrouvaient en rupture à trois contre un défenseur turc. Sans succès. Cette rencontre a donc prouvé que notre équipe nationale est actuellement très loin d’avoir le niveau de jeu pour pouvoir bousculer la hiérarchie européenne.

Le match de dimanche contre le Portugal, qui devait être un match capital pour la qualification, retombe au rang de match sans enjeu. Un match amical en quelque sorte, au même titre que tous ceux disputés entre la Coupe du monde 2006 et cet Euro. Deux matches officiels en deux ans, idéal pour jauger le niveau d’une sélection…

Au rang des choses à changer, citons en premier lieu Köbi Kuhn, qui a fait montre une nouvelle fois de son coaching mollasson en présentant une équipe avec un seul attaquant nominal (Derdiyok, 19 ans seulement) pour un match que la Suisse devait absolument gagner et en n’introduisant Johann Vonlanthen qu’à la 66e minute (soit 9 minutes après le but, c’est ce qu’on appelle du coaching d’anticipation) pour un Barnetta sur les rotules et Daniel Gygax à la… 86e minute. Un changement alibi ou bien le Zurichois espérait-il vraiment faire basculer le match à quatre minutes de la fin ? D’aucuns diront qu’il a tout de même fait le bon choix de laisser Marco Streller sur le banc… D’ailleurs, lorsqu’on observe les réactions de Fatih Terim et du banc turc, parfois exagérées il est vrai, mais toujours énergiques en comparaison avec l’extraordinaire force d’inertie de Köbi Kuhn, qui a eu toutes les peines du monde à se lever pour saluer le but helvétique et on ne parle même pas de lever les bras, on comprend certaines des raisons qui ont poussé la victoire à choisir le camp des visiteurs.

L’ère Kuhn à la tête de la sélection nationale touche bel et bien à sa fin. Place maintenant à Ottmar Hitzfeld et à un avenir, espérons-le, un peu moins nuageux que ce soir. Avec, à l’horizon, la Coupe du monde 2010. Comme tout cela paraît lointain…

Rédigé par Raph

juin 12, 2008 à 1:53