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« Je pense que la mixité est un mode de jeu parfait pour tout le monde »

Zuzana Maňáková est née à Prague il y a 23 printemps. Elle étudie la régénération et la nutrition dans le sport à l’Université Masaryk de Brno. Elle joue également au korfball depuis huit ans. Au quoi ? Non, ce n’est pas un mot que je viens d’inventer de toutes pièces en guise de farce d’Halloween un peu tardive, mais bel et bien un sport. Ne cherchez pas de trace de ce jeu en Suisse, vous perdriez votre temps : il n’existe pas dans nos contrées. Il n’est d’ailleurs pratiqué que dans 59 pays à travers le monde. Raison de plus donc de découvrir quelques aspects de ce sport mixte – dont le but n’est pas seulement de diviser le nombre de vestiaires par deux – en compagnie de Zuzana.

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Qu’est-ce que le korfball et quelles sont ses règles principales ?

Le korfball trouve son origine aux Pays-Bas. Niko Broekhuysen a inventé ce jeu en 1902 à cause des cours d’éducation physique communs pour les filles et les garçons. Il fallait un jeu qui puisse être pratiqué de manière mixte et sans contact physique. Quatre filles et quatre garçons se partagent le terrain qui lui-même est séparé en deux parties. Deux filles et deux garçons prennent place dans une moitié et deviennent attaquants et deux filles et deux garçons dans l’autre pour défendre. Le but du jeu est d’introduire le ballon dans le « korf » (panier) qui est à trois mètres cinquante du sol. On ne peut pas courir, dribbler avec le ballon ou tirer en direction du panier si on est face à un défenseur. C’est un jeu tactique, il faut trouver le moyen de se débarrasser du défenseur pour tirer. La mixité est néanmoins limitée dans les duels qui sont « homme à homme » et « femme à femme ». Quand deux points ont été marqués, les attaquants deviennent défenseurs et vice versa.

Quels sont les avantages et les inconvénients de la mixité ?

Je pense qu’il n’y a pas d’inconvénient. Grâce à cela, il est possible de rencontrer des gens extraordinaires. Les vestiaires et les douches sont mixtes à partir de l’âge de 13 ans, les garçons aiment bien cela… Je pense que c’est un mode de jeu parfait pour tout le monde. Les jeunes apprennent à coopérer et communiquer avec les autres, les garçons autant que les filles, contrairement aux sports plus traditionnels.

Le korfball est apparemment très populaire aux Pays-Bas, en Belgique et à Taïwan. Est-ce le cas en République tchèque ?

Malheureusement, le korfball reste peu connu en République tchèque, et ce malgré le troisième rang mondial de l’équipe nationale et le niveau très élevé du korfball tchèque. Je pense qu’il n’est pas possible de faire mieux qu’une troisième place derrière les Pays-Bas et la Belgique1.

Est-il possible de vivre du korfball dans ton pays ?

C’est uniquement possible aux Pays-Bas et en Belgique. En République tchèque, on joue pour le plaisir. Il y a néanmoins la possibilité de faire partie de l’équipe nationale et de représenter son pays aux championnats du monde, comme ceux qui se déroulent en ce moment en Chine (27 octobre-5 novembre).

A quel niveau pratiques-tu le korfball ?

Je joue en deuxième division et parfois en première division (Extraliga) au KCC Sokol České Budějovice.

1En réalité, la République tchèque est classée quatrième derrière les Pays-Bas, la Belgique et Taïwan selon le dernier classement IKF (Septembre 2011). Toutefois, les Tchèques ont enlevé la troisième place des deux derniers championnats du monde (2003, 2007) et terminé à la deuxième place des championnats d’Europe en 2002.

Article publié dans le Cafignon de décembre 2011.

Les joyeux supporters “oranje” à Lausanne (14.06.08)

Arshavin, ce héros

Pays-Bas – Russie 1-3 a.p. (0-0, 1-1)

Premier match de poule. La Russie est étrillée par une brillante équipe d’Espagne dont la prestation rappelle un peu celle des… Pays-Bas contre les Italiens et les Français. Match suivant, les hommes de Guus Hiddink battent péniblement une faible équipe de Grèce 1-0. Puis il y a ce match. Le match référence. Victoire contre la Suède 2-0 après un match époustouflant. Mais qu’est-ce qui a bien pu changer ? La réponse tient en deux mots, ou plutôt un prénom et un nom: Andreï Arshavin. La perle de la sélection russe a manqué les deux premiers matches du tournoi pour cause de suspension. Hiddink a tout de même voulu l’emmener en Suisse et en Autriche et il a eu fin nez, c’est le moins que l’on puisse dire.

En plus d’une fiche personnelle impressionnante depuis ses débuts dans cet Euro 2008 (2 buts et 2 assists en 2 matches), le lutin de Saint-Pétersbourg à l’éternel visage d’enfant a énormément apporté à son équipe au niveau psychologique. Tous les joueurs se sont ainsi sublimés depuis le retour de leur prodige. Après la Suède, les Pays-Bas, si impressionnants depuis le début du tournoi, ont pu le vérifier à leurs dépens hier soir dans le troisième quart de finale.

Les joueurs bataves ont en effet été surclassés dans tous les domaines par la formation russe. Le milieu de terrain néerlandais ne s’illustrait que par des frappes de loin, signes d’impuissance, et sur coups de pied arrêtés signés Sneijder et Van der Vaart. C’est justement sur l’un de ces coups francs, botté par Sneijder, que l’inévitable Van Nistelrooy surgit à la 86e minute pour égaliser sur l’une des seules occasions hollandaises. L’autre attaquant, Dirk Kuyt, complètement dépassé, était remplacé à la mi-temps par Robin Van Persie, qui n’arrivait pas à trouver beaucoup plus de solutions que son coéquipier. Le physique a aussi trahi les Pays-Bas, qui étaient au bout du rouleau au moment de débuter les prolongations face à des Russes très affutés. Mais la plus grande faiblesse des “Oranje” hier soir a bien été sa défense, comme le pressentaient beaucoup d’observateurs. Mathijsen (décrié dans la presse ces derniers jours), Oojier, Van Bronckhorst et Boulahrouz (puis Heitinga) ont été d’un niveau insuffisant pour endiguer les assauts russes. Contrairement aux Italiens, aux Français et aux Roumains avant eux, les Russes ont été capables de tester cette défense hollandaise. On connaît le résultat.

Mais plus encore que les carences défensives des hommes de Van Basten et leur incapacité à développer le même jeu chatoyant que lors de leurs trois premières rencontres, il faut mettre en exergue l’incroyable performance russe. Car ce sont bien eux qui ont fait craquer l’arrière-garde batave par trois fois. Tout d’abord par Pavlyuchenko sur une action d’école (56e) qui concrétisait la domination des joueurs slaves, puis en prolongations, par Torbinski, bien servi par Arshavin après un exploit personnel de ce dernier, et surtout oublié par Van Bronckhorst et Mathijsen (112e). C’est finalement Arshavin lui-même qui scelle le score, après une touche d’Anyukov qui mystifie toute la défense néerlandaise, en glissant le ballon entre les jambes de l’infortuné Van der Sar (116e).

On parlait de football total pour désigner le jeu des Néerlandais au premier tour. Les Russes ont montré qu’ils pouvaient faire mieux en matière de beau football pour battre leurs adversaires du jour à leur propre jeu. On reconnaît bien sûr ici la patte… néerlandaise de Guus Hiddink, le “traître”, qui a donné une leçon à son homologue Marco Van Basten. Et ce score de 3-1 est plutôt flatteur pour les Pays-Bas au vu de la domination outrageuse de la Russie, qui se profile maintenant comme un sérieux candidat au titre européen.

Entraînement des Pays-Bas à la Pontaise 05.06.08

La tornade orange emporte aussi les Français

Pays-Bas – France 4-1 (1-0)

Le groupe de la mort risque de leur être fatal. Non, je ne parle pas des Roumains et des Hollandais comme on aurait pu s’y attendre, mais bien de nos voisins français et italiens. En effet, les Italiens sont passés très près de la sortie cet après-midi. Si jamais ils se qualifient, ils pourront ériger une statue à leur gardien Gianluigi Buffon qui a miraculeusement sorti le penalty d’Adrian Mutu à la 80e minute d’Italie-Roumanie (1-1).

Mais la grosse sensation du jour est venue de l’armada orange qui a pressé le coq français jusqu’à le faire exploser de toutes parts. Les hommes de Marco Van Basten ont pleinement confirmé leur extraordinaire prestation face aux Italiens. Les Bleus, malgré une bonne prestation de Franck Ribéry et un joli but de Thierry Henry, ont été totalement submergés, pris à froid dès la 9e minute par une tête du petit Dirk Kuyt qui se libérait du marquage de Malouda sur un corner de Rafael Van der Vaart. Les Néerlandais se montraient moins brillants que lors de leur rencontre précédente, mais il tenaient le 1-0 jusqu’à la pause malgré une grosse pression française et grâce au “vétéran” Edwin Van der Sar, excellent comme à son habitude. Au contraire de son homologue Grégory Coupet, pas exempt de tous reproches. La pression des joueurs de l’Hexagone continue en deuxième mi-temps, mais les “Oranje” tiennent bon et doublent même la mise sur une fantastique action initiée par une magnifique roulette de Van Nistelrooy (qui a fait un énorme travail de remiseur tout au long de la partie, espérons que Streller l’a bien observé) pour le nouvel entrant Arjen Robben qui peut servir l’autre remplaçant Robin Van Persie (59e). Quel coaching de Van Basten !

Toutefois, les hommes de Raymond Domenech n’ont pas dit leur dernier mot, enfin c’est ce qu’on croit quand Henry réduit le score d’une subtile déviation (71e). Mais sur l’engagement qui suit, ce diable de Robben mystifie toute la défense française, Coupet compris, pour inscrire le 3-1. Ribéry et Cie ne reviendront plus et, comble de l’humiliation, ce sont même les Bataves qui vont s’offir le luxe d’inscrire un quatrième but sur un maître tir de Wesley Sneijder qui s’affirme de plus en plus comme un des joueurs majeurs de cet Euro (92e).

La France et l’Italie s’affronteront mardi pour savoir lequel des deux restera sur le carreau. A moins que la Roumanie ne les mette d’accord en prenant cette deuxième place qualificative. Mais pour cela il faudra faire au minimum un point contre les Pays-Bas, certes déjà qualifiés. Une dernière journée qui s’annonce explosive.

Quoi qu’il arrive, les Néerlandais et leurs 100’000 supporters ont dores et déjà mis le feu à cet Euro et cela fait bien plaisir à une Suisse convalescente depuis mercredi soir. Que la fête continue !

Le football total est de retour !

Sneijder a marqué.

Pays-Bas – Italie 3-0 (2-0)

Une extraordinaire équipe des Pays-Bas a tout bonnement atomisé les champions du monde en titre italiens. La Squadra Azzura a en effet été engloutie par une incroyable vague “Oranje”. 3-0. Deux chiffres pour symboliser les 30 ans pendant lesquels les Pays-Bas n’avaient plus battu l’Italie.

Une claque pour les Transalpins, une claque aussi pour tous les détracteurs de Marco Van Basten, très critiqué pour ses choix. Des choix qui ont fait leurs preuves, c’est sûr ! Un magnifique mélange entre l’expérience de joueurs comme Van der Sar (impérial ce soir) et Van Bronckhorst et la fougue de la jeunesse avec des joueurs comme Sneijder (meilleur homme sur le terrain), Kuyt ou Van der Vaart. Demandez aux Italiens ce qu’ils en pensent.

On disait que le football total néerlandais, symbolisé par Johann Cruyff dans les années 70, par Van Basten, Gullit ou encore Rijkaard dans les années 80 et par Kluivert et Bergkamp dans les années 90 était mort à son entrée au XXIe siècle. S’il avait jamais disparu, il est officiellement de retour.

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