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“Football is a simple game: 22 men chase a ball for 90 minutes and at the end, the Germans always win”

Allemagne – Portugal 3-2 (2-1)
La célébrissime phrase de Gary Lineker, ancien joueur anglais, prononcée après la défaite de l’Angleterre en demi-finale du Mondial 1990 face à l’Allemagne, s’est encore vérifiée ce soir. L’Allemagne a battu le Portugal 3-2. Les hommes de Joachim Löw, pourtant loin d’être convaincants au premier tour, ont fait montre d’une maîtrise impressionnante pour battre des Lusitaniens qui ont, quant à eux, balbutié leur football. Le mérite en revient en grande partie aux Allemands qui ont pris leurs adversaires à la gorge dès le début du match pour ne plus les lâcher par la suite.
Le score est serré, mais il ne reflète pas la différence entre les deux équipes. Cette rencontre a été celle d’un collectif exemplaire face à quelques individualités esseulées. A l’image du but (trop) tardif de Helder Postiga sur un superbe centre de Nani, un trop rare éclair de génie dans le jeu portugais. La rigueur et le réalisme de Schweinsteiger (brillant), Ballack, Podolski (tous deux très bons comme à leur habitude) ou encore Klose ont vaincu la fantaisie, malheureusement stérile de Deco et les siens.
On n’ira pas jusqu’à dire que cette montée en puissance allemande est surprenante. L’équipe qui détient le record de victoires à l’Euro (3 victoires: 1972, 1980, 1996) est coutumière du fait. Elle commence rarement en fanfare mais est souvent encore là à la fin. Ce qu’on a vu ce soir montre peut-être pourquoi le palmarès de la Selecção est vierge quand celui de la Mannschaft est riche de six titres majeurs.
Ce genre de scénario rappelle d’ailleurs vaguement celui de l’Italie qui vient de se sortir péniblement du traquenard du groupe de la mort et qui pourrait bien décider de se réveiller au bon moment. L’armada espagnole, impressionnante au premier tour, à l’instar de Ronaldo et Cie, est prévenue.
Espérons que les Portugais de Neuchâtel (notamment) continuerons de fêter cette manifestation extraordinaire qu’est l’Euro, tout comme les Suisses de Bâle et d’ailleurs le font aussi. Pour que notre pays continue à vibrer au rythme des exploits de stars du ballon rond, quelle que soit la couleur de leur maillot.
MERCI HAKAN !




Suisse – Portugal 2-0 (0-0)
La Suisse a fini en beauté un Euro qui s’était terminé avant même d’avoir commencé en battant le Portugal de très belle manière. Le héros de ce match et de ce tournoi s’appelle Hakan Yakin, les trois buts helvétiques à son actif. La Suisse a vaincu le signe indien, elle a conquis sa première victoire dans un Euro.
La Nati tenait tout d’abord bien le choc avec quelques parades déterminantes de Pascal Zuberbühler, qui sort lui aussi par la grande porte sans aucun but encaissé en phase finale, Euro et Coupe du monde confondus. Le tournant du match survient à la 61e minute quand Tranquillo Barnetta rentre pour Johann Vonlanthen, qui aura raté l’occasion de se mettre en évidence pour sa première titularisation. L’équipe nationale emmenée par un Barnetta retrouvé (du moins partiellement) connaît dès lors une très bonne période qui se concrétise par un but de Hakan Yakin, très bien servi par une passe lumineuse de Eren Derdiyok (71e). Les Portugais, apparemment vexés, mettent une certaine pression sur la défense suisse, sans succès. A la 83e minute, les joueurs à croix blanche obtiennent même un penalty pour une faute de Fernando Meira sur Barnetta. Un penalty magistralement transformé par Yakin, encore lui, qui devient le meilleur buteur helvétique en Championnat d’Europe des Nations.
Au rang des bonnes prestations du côté suisse, il faut aussi et surtout relever celle de Gökhan Inler qui a beaucoup pesé dans le jeu et décoché deux frappes de mule dont une a touché le poteau (64e). Un grand merci également à Madame Chance qui nous a enfin souri, pour la première fois en trois matches, les Lusitaniens ayant ajusté le poteau et la barre transversale.
Même s’il ne faut pas se leurrer (des joueurs comme Ronaldo, Deco ou encore Nuno Gomes n’étaient pas sur le terrain ce soir), la Suisse a réussi sa sortie après s’être pris les pieds sur le pas de la porte d’entrée. Ottmar Hitzfeld va pouvoir construire sa sélection sur des bases solides, apportées par Köbi Kuhn, à qui, même si on l’a beaucoup critiqué (avec raison), on doit tout de même certaines choses.
Bon vent à notre Nati et… HOPP SUISSE !
Zubi pour une dernière

Pascal Zuberbühler devrait enfiler le chandail helvétique pour la 51e et dernière fois aujourd’hui pour le match Suisse-Portugal. Une dernière cape pour services rendus. Même si on pourrait fustiger Kuhn pour ce choix, lui qui a assuré qu’il alignerait l’équipe la plus compétitive possible, on peut tout de même le comprendre. En dépit de tout ce qu’on a pu dire sur lui, le géant thurgovien a beaucoup apporté a notre équipe nationale. Pour mémoire, ce France-Suisse (0-0) extraordinaire où Zubi avait presque à lui seul maintenu la Nati dans le match et peut-être même dans la course à la qualification pour la Coupe du monde 2006. Une Coupe du monde où il n’a pas encaissé un seul but.
Bon, d’accord, après les choses se sont un peu corsées. Quelques “superboulettes” plus tard et il se retrouvait en Challenge League avec Neuchâtel Xamax (promotion l’année suivante) et finalement relégué (à juste titre) sur le banc de l’équipe de Suisse au profit de Diego Benaglio. Zuberbühler n’est plus le gardien qu’il était quand il défendait la cage bâloise lors de leur folle épopée en Champions League, notamment. Il a pris de l’âge, que voulez-vous.
Cela ne remet toutefois pas en cause son éventuelle participation à la rencontre de ce soir contre un Portugal qui alignera son équipe B (qui n’a pas grand chose à envier à l’équipe A, soit dit en passant) dans un match sans enjeu. Espérons seulement que les joueurs qui seront sur la pelouse auront à coeur de livrer une dernière prestation de qualité afin de remercier le public suisse qui n’a pas eu de raison de sortir klaxonner jusque là, contrairement à ses adversaires du jour. Espérons enfin que Zubi, Köbi et Eric Burgener pourront quitter l’équipe sur une bonne note. Tant que Kuhn n’aligne pas Streller, cela devrait aller… Mais arrêtons de tirer sur l’ambulance et concentrons-nous sur le match.