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Suisse-Etats-Unis, un fiasco révélateur
Les Etats-Unis sont parvenus successivement à se défaire de la Suisse et de la France, chaque fois à l’extérieur et qui plus est sur terre battue, une surface qui n’est normalement pas leur tasse de thé, pour se hisser en demi-finale de la Coupe Davis. Si les Français n’ont pas à rougir de leur défaite outre mesure, les hommes de Severin Lüthi ont bien plus à se faire pardonner.
Les encouragements de Severin Lüthi à Stanislas Wawrinka resteront vains.
Depuis le week-end de Pâques, les Français se moquent un peu moins des Suisses et de leur choix discutable de la terre battue indoor et de surcroît en altitude pour affronter Jim Courier et ses boys. En effet, après la défaite en quatre manches de Roger Federer face à John Isner, à la surprise générale, le 10 février dernier à Fribourg, Guy Forget, notamment, y était allé de son commentaire. Même si la critique du capitaine démissionnaire des Bleus n’était pas infondée (le rebond haut dû à l’altitude avantageait Isner), il s’avère donc que la terre battue de Monte Carlo n’a pas davantage pu museler John Isner et les terribles frères Bryan. Penser que l’équipe de Suisse n’a finalement rien à se reprocher après la déroute de Fribourg simplement parce que la France n’a rien pu faire non plus face aux Etats-Unis serait toutefois un raisonnement bien simpliste. Car si une défaite face à la nation la plus titrée du tennis mondial n’a rien de déshonorant en soi, la manière bien plus que le résultat a cependant de quoi faire rougir Federer et les siens.
En effet, perdre 3-2 en ayant tout tenté en simple sans Monfils, blessé, et face à un Isner presque aussi injouable qu’au premier tour et fort de la confiance engrangée à Fribourg et à Indian Wells (défaite en finale face à Federer après avoir battu le numéro 1 mondial Djokovic et entrée dans le top ten) et en double face à la meilleure paire du monde est excusable. Surtout au vu de la rage démontrée par Jo-Wilfried Tsonga, tombé les armes à la main face au géant venu de Caroline du Nord. La rage. C’est en un mot tout ce qui a manqué à la phalange helvétique pour faire ne serait-ce qu’illusion contre des Américains qu’ils étaient tellement certains de vaincre. L’état d’esprit était en effet du côté des visiteurs à la bannière étoilée en terres fribourgeoises. Entre une équipe de Suisse sans passion et des Etasuniens à la culture de la gagne consommée, le verdict est sans appel : 0-5.
Certes, Stanislas Wawrinka a encore une fois raté le coche de peu dans une partie qui lui était promise face à Mardy Fish et Roger Federer a peut-être pris John Isner de haut (ce qui est un comble vu la taille du bonhomme) et n’a pas su changer son plan de jeu quand le numéro 2 américain l’a poussé dans les cordes le vendredi en simple. Certes. Cependant, la performance des deux compères en double, surtout, a été symptomatique de cette force mentale chancelante du côté helvétique. Auteurs d’un superbe début de match face à une paire américaine amputée de sa moitié gauche Bob Bryan et composée du duo hybride Mike Bryan-Mardy Fish, les Suisses ont flanché dès les premières difficultés. En effet, alors que Mike Bryan, par ailleurs homme du match, poussait tant et plus son coéquipier à la confiance en berne depuis la fin 2011 à se surpasser, les champions olympiques de Pékin en 2008 (où ils avaient d’ailleurs éliminé les frères Bryan) sombraient petit à petit. Pire, leur langage corporel prédisait la défaite bien avant la balle de match, c’est-à-dire dès la perte de la troisième manche. Ce qui n’a bien sûr pas échappé à l’expérimenté Mike Bryan (33 ans, 11 titres du Grand Chelem conquis en double avec son frère jumeau, 21 victoires et 2 défaites en double en Coupe Davis dont 11 victoires et aucune défaite sur terre battue) qui s’est en plus appliqué à « allumer » ses adversaires à deux reprises au filet, ce qui a suffi à achever de les déstabiliser. On croit rêver. Le palmarès de Mike Bryan est évidemment édifiant, mais il a été construit entièrement en compagnie de son frère absent ce jour-là, et, en regardant les débats, on a peine à croire que Roger Federer est détenteur de 16 couronnes du Grand Chelem et que son compagnon vaudois possède lui aussi une solide expérience des grands événements.
Que s’est-il donc passé ? La raison de cette déculottée est-elle tout simplement à aller chercher dans le contraste entre la naïveté et l’habitude de la défaite des « petits Suisses » et la culture de la gagne qui est inscrite dans les gènes américains et qui fait de cette nation une machine à gagner dans presque tous les sports ? Cela paraît encore une fois un peu simpliste, surtout quand la Suisse a la chance de compter un joueur comme Roger Federer dans ses rangs. Un rapide coup d’oeil aux statistiques du Bâlois suffit à se convaincre qu’il n’est pas victime de ce complexe d’infériorité typiquement suisse. La cause du mal helvétique est probablement à aller chercher ailleurs. Sur la chaise du capitaine par exemple. Quand on compare les capitaines adverses à Severin Lüthi, dont le CV est presque vide si on excepte une 622e place au classement ATP en 1995 et deux relégations (en 2007 et 2010, les premières après 13 années consécutives au sein du groupe mondial) au cours de son capitanat qui a débuté en 2005, le contraste est saisissant. En effet, Jim Courier (ancien numéro 1 mondial en simple, 4 titres du Grand Chelem, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur) et Guy Forget (ancien top 5 en simple et en double, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur et capitaine) ont une certaine expérience à faire valoir (c’est le moins que l’on puisse dire!) au moment de parler à leur joueur lors d’un moment crucial du match. A l’inverse, on a de la peine à imaginer ce que le brave Lüthi peut bien avoir à dire à Federer lorsque celui-ci est au bord de la défaite dans une rencontre disputée au meilleur des cinq sets. Et le problème est double dans le cas du capitaine helvétique. En effet, si en Coupe Davis les joueurs choisissent eux-mêmes leur capitaine, il paraît clair que Lüthi doit sa position à Federer et personne d’autre, lui qui est aussi son allié sur le circuit ATP à longueur de saison. Dans ces conditions, « secouer » le numéro 3 mondial dans un moment de crise s’avère une tâche encore plus ardue. La relation hiérarchique qu’entretiennent les deux hommes ne s’y prête pas. Si l’on ajoute à tout cela que Severin Lüthi n’est pas connu pour ses talents de motivateur hors-normes (il suffit de juxtaposer son attitude et celle de Forget pendant un changement de côté pour s’en apercevoir), le problème semble évident. Sa solution l’est toutefois bien moins. Car on imagine mal Lüthi prendre la porte tant que Federer sera un membre de cette équipe.
Malheureusement, il est peut-être déjà trop tard pour songer à tirer des enseignements. En effet, la presse helvétique n’a cessé de marteler que cette année 2012, la première qui voyait Federer participer au premier tour depuis 2004, était la dernière occasion pour cette génération de remporter la Coupe Davis et on ne peut que lui donner raison. La paire Rosset-Hlasek a eu sa chance en 1992 contre les… Etats-Unis et il paraît difficile de trouver une paire plus forte que Federer-Wawrinka dans un pays au réservoir aussi réduit que le nôtre dans un futur plus ou moins proche. Tout n’est peut-être pas perdu, il reste peut-être encore une année ou deux avant que la fenêtre qui leur permettrait de ramener le saladier d’argent ne se referme définitivement pour Roger (31 ans en août) et Stan (27 ans). Mais cela nécessiterait une auto-critique qui n’a malheureusement pas eu lieu après le fiasco de Fribourg. Car tant que le problème, qu’il soit partiellement dû au capitaine (on ne va quand même pas faire porter entièrement le chapeau au malheureux Lüthi, il n’est tout de même pas sur le court raquette en main) ou qu’il soit bien plus profond que cela, ne sera pas accepté comme tel, aucune solution ne sera trouvée.
Article publié dans le Cafignon de mai 2012.
I’m back

Alexandre Tremblay commençait à désespérer au LHC...
Eh oui, je n’ai plus rien écrit depuis novembre 2009, alors que Marat Safin prenait sa retraite. Il est temps de sortir de la mienne. Il s’en est passé des choses en presque 2 ans ! Federer a empoché sa 16e couronne, Wawrinka commence à gagner des matches importants, Hewitt ne touche plus terre, l’équipe de Suisse de football est encore plus mauvaise qu’avant (malgré un petit sursaut à Wembley samedi), le LHC a raté deux promotions de plus et a décidé d’innover pour la saison prochaine en ne faisant pas de transferts, on évite d’être déçu par les nouveaux arrivants de cette façon, le mythique Alexandre Tremblay a quitté ce même LHC pour Viège, Ben Laden est mort (vous remarquerez que je procède par ordre décroissant d’importance…), … Bref, j’en passe et des meilleures. J’espère revenir ici bientôt pour pousser quelques coups de gueules bien sentis sur un sujet ou l’autre. See you around folks !
Image: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/97/Alexandre_Tremblay_-_Lausanne_Hockey_Club_vs._HC_Vi%C3%A8ge%2C_01.04.2010.jpg
Hewitt fights his way to the 1/4 et Stan… Rhaaa, toujours pas ! Mais si près…

Lleyton Hewitt (AUS) defeated Radek Stepanek (CZE/23) 4-6 2-6 6-1 6-2 6-2
Even though Lleyton Hewitt is currently 56th in the world (that will have changed a lot by December, that’s for sure) and his Grand Slam titles go way back, there’s one thing you’ll never be able to take from him: his fighting spirit. “Yeah, obviously, mate !” will be his answer if you ask him the question.
So his famous fighting spirit opened Hewitt’s way to the final eight today against Radek Stepanek (23rd seed) from Czech Republic. After his shy (not to say shaky) start (and Stepanek’s quick start with bold attacks and good serves), he found himself two sets down. When the Australian asked for the trainer at 4-6 2-5, only the “Fanatics” from Down Under still believed in their star’s chances.
However, after this medical time out, the former number one got his best tennis back and improved his serve percentage to lead 4-0 before a brief rain delay. Afterwards, Hewitt continued playing well, jumping on every occasion, to win the match in five sets (he came back from two sets to love for the 6th time of his career) against a Stepanek paying for his two previous five-setters and suffering from a knee injury.
For the first time since 2006, Lleyton Hewitt is back in 1/4 in a Grand Slam. And he can also thank his Aussie supporters for that, as he did at the end of the match by giving them towels and wristbands and telling the BBC journalist that they deserved to be offered a few beers. So “cheers, mate !” as Lleyton said at the end of the interview. See you on Wednesday for a classic match between Lleyton Hewitt and Andy Roddick !

Andy Murray (GBR/3) bat Stanislas Wawrinka (SUI/19) 2-6 6-3 6-3 5-7 6-3
Le public du Centre Court de Wimbledon se souviendront de ce 29 juin 2009 ! Tout d’abord pour la première fermeture du fameux toit (même s’il avait déjà été fermé samedi en toute fin de journée) pendant le match Safina-Mauresmo, toit qui a permis à Murray et Wawrinka de terminer leur match au bout de la nuit sous une lumière artificielle. Car c’était surtout cela qui valait le déplacement en ce septième jour du tournoi. Qui aurait pensé que le Vaudois allait pousser l’Ecossais dans ses derniers retranchements ? Sûrement pas les nombreux sujets de Sa Très Gracieuse Majesté présents dans la majestueuse enceinte. Et il faut bien dire que du côté helvétique on n’y croyait que moyennement après la performance en demi-teinte de Stan face au modeste Jesse Levine, 133e mondial de son état.
D’emblée, le citoyen de Saint-Barthélémy enflammait le match, notamment avec son somptueux revers qui fut sa meilleure arme presque quatre heures durant, pour empocher facilement le premier set à la surprise générale face à un Murray “à côté de ses pompes”. La stupeur passée le numéro 3 mondial retrouvait peu à peu son jeu de défense extraordinaire (avec notamment un coup droit croisé, que ce soit en passing, en retour ou en attaque de fond de court, tout simplement inarrêtable) et ne commettait presque plus de fautes, au contraire de Wawrinka qui en commettait de plus en plus et servait de moins en moins bien.
C’est à ce moment que débute le festival de balles de break manquées (4 sur 14 réussies au final). Murray gagne tous les points importants et se détache deux manches à une. On se dit alors que, comme d’habitude, ce match sera celui des occasions manquées pour le Suisse. Mais au moment où on n’y croit plus, Wawrinka convertit enfin une balle de break à 5-5 dans le quatrième set pour emmener son adversaire dans un cinquième set dantesque, final ô combien mérité pour un match de toute beauté.
Et même si c’est Murray qui l’emporte au forceps, au grand soulagement de toute la Grande Bretagne, on ne peut pas reprocher grand chose à Stan (contrairement à ses autres défaites en Grand Chelem, notamment contre Gonzalez à Paris en 2008, contre Safin à Wimbledon la même année ou encore contre Chela à New York en 2007) qui a été courageux jusqu’au bout, ne lâchant jamais son os. Andy Murray a su remporter les points les plus importants et ainsi justifier son statut de numéro 3 mondial et prétendant au titre sur le gazon londonien. Le prochain adversaire au menu du Britannique sera l’autre revenant (avec Hewitt et Haas), l’Espagnol et ancien numéro 1 mondial Juan Carlos Ferrero.
Picture 1: http://www.abc.net.au/reslib/200906/r392100_1834095.jpg
Image 2: http://www.stanwawrinka.com/wp-content/uploads/2010/12/WawrinkaMurray-Wimbledon9-M-1508.jpg
Mais qui peut battre Rafa à Roland Garros ?

Le n°1 mondial et maître absolu de la terre battue n’a jamais été battu Porte d’Auteuil où il est quadruple tenant du titre. Alors, un cinquième titre d’affilée sans coup férir (comme d’habitude, serait-on tenté de dire) ? Ses rivaux vont tout faire pour que ce ne soit pas le cas. Tour d’horizon des principaux papables et de quelques outsiders pour la succession du roi.
Pourquoi ils vont battre Rafael Nadal:

Andy Murray (ATP 4) -> Parce que malgré sa place de n°4 mondial, il mériterait plutôt d’être n°2 au vu de ses résultats sur les derniers mois. Il est donc celui qui est le plus proche de Nadal. Parce qu’il n’a pas les problèmes qu’a Federer face au Majorquin: il est à l’aise sur terre battue (d’accord, Federer l’est aussi, même si c’est sa moins bonne surface), il n’a aucun problème psychologique au moment d’aborder le cas Nadal (il est mené 6-2 dans les confrontations directes, mais il a remporté deux des quatre derniers face-à-face) et son revers est probablement son meilleur coup. Par conséquent l’Ecossais n’a pas d’ennui dans la diagonale coup droit-revers, contrairement à Federer. En parlant de coups, Murray est probablement le joueur le plus complet actuellement. Il frappe fort des deux côtés, se déplace très bien, varie extrêmement bien ses coups, peut attaquer et défendre avec le même bonheur. Voilà pourquoi Andy Murray sera l’adversaire numéro un du gaucher de Manacor à Paris.

Fernando Verdasco (ATP 7) -> Parce que même s’il n’a jamais battu Nadal, il sait qu’il peut le battre depuis leur affrontement de légende en demi-finale à Melbourne. Verdasco est un tout autre joueur que celui qui avait pris une fessée en 1/8 de Roland Garros en 2008. Depuis il est devenu un héros en Espagne en offrant à son pays le dernier point de la victoire en Coupe Davis, s’est entraîné avec Gil Reyes, ancien préparateur physique d’Andre Agassi, pendant la pause hivernale, a flambé en Australie et a même pu bénéficier des conseils avisés de Darren Cahill à Indian Wells. De plus, le Madrilène n’a pas grand chose à envier à Nadal sur le plan du jeu. Il est gaucher lui aussi, son coup droit est terrible, il est extrêmement puissant et endurant. Un seul petit point noir, son revers, qui manque un peu de profondeur par moments. Mais un duel face à son compatriote sur la brique pilée ne lui fait pas peur pour autant.

Novak Djokovic (ATP 3) -> Parce qu’il en a tellement envie. Cela fait déjà plusieurs années qu’il le claironne sur tous les toits: Roger Federer et Rafael Nadal ne lui font pas peur. Parce qu’il a les moyens tennistiques de ses ambitions aussi, malgré un changement de marque de raquette un peu problématique en ce début d’année. Parce qu’il frappe fort des deux côtés et son revers est très solide. Le Serbe a battu l’Espagnol quatre fois en quinze confrontations, toutes sur le ciment nord-américain. Certes, ce n’est pas énorme, mais on peut compter sur “Nole” pour ne pas se laisser impressionner. Contrairement à notre Roger national, il n’a pas l’habitude de cultiver des complexes d’infériorité. Et il n’a pas été loin de battre Nadal sur terre à plusieurs reprises, dont lors de la récente finale du Masters 1000 de Monte Carlo. Un gros point d’interrogation toutefois: son physique. Face au rouleau compresseur Nadal qui peut aligner neuf heures de jeu en deux jours sans problèmes, celui qui a dû abandonner sous la canicule australienne pour hypertermie fait figure de poids plume sur la longueur des cinq sets.

Roger Federer (ATP 2) -> Parce que l’Histoire voudrait qu’il gagne Roland Garros. Parce que c’est le plus grand joueur de tous les temps et qu’il n’a pas fini de nous étonner. Avec lui tout est possible, il peut sortir à tout moment un coup de génie de sa raquette. C’est vrai qu’il faut en sortir pas mal pour battre Nadal, mais pourquoi pas ? Mais il y a une condition: se remettre en question pour sortir de cette mauvaise passe actuelle. Alors, pourquoi pas un coach ? Quelqu’un qui puisse l’aider à adopter la bonne tactique face à son meilleur ennemi, quelqu’un qui puisse l’aider à oublier son énorme complexe d’infériorité.

Stanislas Wawrinka (ATP 12) -> Parce que les Suisses ont besoin de garder l’espoir en ces temps de disette pour Roger Federer. Et surtout parce que s’il y a une surface sur laquelle “Stan” peut battre le taureau des Baléares c’est bien la terre ocre. Il a montré par ses récents résultats qu’il faisait partie des meilleurs spécialistes de cette surface (finale à Rome en 2008, demi-finale à Monte Carlo en 2009). Mais il a deux gros problèmes à surmonter pour prendre encore un peu plus de bouteille: premièrement, il faut qu’il arrive à épingler un peu plus souvent des membres du top 10 (voire du top 5), comme Djokovic qu’il n’a pas été loin de battre à plusieurs reprises dernièrement (oui, parce qu’en ce qui concerne Federer, désolé Roger, ce n’était pas le n°2 mondial qui était sur le court ce jour-là). Deuxièmement, il y a toujours ce cap des huitièmes de finale à dépasser en Grand Chelem.

David Nalbandian (ATP 15) -> Parce que, sur un match, il peut battre absolument n’importe qui. J’en veux pour preuve les Masters Series de Madrid et Paris 2007 où l’Argentin avait épinglé Roger Federer et atomisé Rafael Nadal deux fois de suite pour s’adjuger les deux titres. Mais bon, on ne sait jamais avec lui, il peut tout aussi bien perdre au premier tour contre le 500e mondial…

Nikolay Davydenko (ATP 8 ) -> Parce qu’il est moche et sans charisme et que tout le monde le déteste… Ah non, rien à voir ! Parce que c’est un spécialiste de terre battue et qu’il peut faire déjouer n’importe qui si son jeu de métronome se met bien en place. Parce qu’il a battu Nadal deux fois en cinq confrontations et qu’il l’a poussé dans ses derniers retranchements sur terre battue.

Igor Andreev (ATP 26) -> Non, ne riez pas ! Il fait partie des “happy few” à avoir battu Nadal sur terre battue. C’était en 2005 à Valence. Avec son coup droit ultralifté de mammouth, c’est une sorte de Nadal droitier (en beaucoup moins fort, d’accord).
Cela dit, je pense que personne ne battra Nadal à Roland Garros. Et même mieux: je pense que personne ne le battra sur terre battue. Et vous, qu’en pensez-vous ?
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Dokic en force, Federer à l’aise, Wawrinka… no comment

Jelena Dokic (AUS) bat Caroline Wozniacki (DAN/11) 3-6 6-1 6-2
Quelle fraîcheur chez cette Jelena Dokic qui jouait le 3e tour de l’Australian Open pour la deuxième fois, dix ans après la première. Et quel tennis ! Comme si ce trou dans sa carrière n’avait jamais existé. C’est une qualification méritée pour les huitièmes de finale qui vient récompenser les efforts de l’Australo-Serbe. Après un début de match qui donnait à penser que la jolie Danoise Caroline Wozniacki était tout de même d’un niveau trop élevé pour elle, Dokic a enclenché la vitesse supérieure de manière impressionnante avec un engagement total dans chaque coup. On se réjouit d’assister au prochain chapitre de cette belle histoire. Ce sera contre la Russe Alisa Kleybanova, tombeuse surprise d’Ana Ivanovic. Une baisse d’audience masculine massive pour le tennis féminin est à prévoir.

Roger Federer (SUI/2) bat Marat Safin (RUS/26) 6-3 6-2 7-6
Roger Federer, quant à lui, s’est débarrassé sans coup férir de Marat Safin. Malgré une belle résistance, il faut bien avouer que le Russe n’est plus le joueur qui avait éclaboussé l’US Open 2000 et l’Australian Open 2005 de sa classe et s’était rendu maître absolu de Paris-Bercy. C’est tout de même avec une pointe de tristesse qu’on a vu Safin frapper ses (peut-être) dernières balles à Melbourne, car on l’aime ce Marat, avec ses coups de génie, ses coups de sang et ses jets de raquettes !

Tomas Berdych (CZE/20) bat Stanislas Wawrinka (SUI/15) 4-6 6-1 6-3 6-4
Malheureusement, ce n’est pas Wawrinka que Federer affrontera en 1/8 car le Vaudois est une nouvelle fois passé à côté d’un rendez-vous important face à Berdych. Mais on n’en dira pas plus car on risquerait de s’énerver…
2009: the show must go on

Les revoilà ! La saison 2009 sera véritablement lancée lundi à Melbourne à l’occasion de l’Australian Open. L’occasion de se mettre à l’heure australienne pendant deux semaines. Et franchement, cela met l’eau à la bouche rien que d’y penser ! L’occasion pour Federer de réaffirmer sa supériorité sur le tennis mondial, pour Nadal de confirmer sa récente suprématie, pour Murray de montrer qu’il est bien la valeur montante du tennis mondial et pour Djokovic de défendre son titre. Sans parler des outsiders que sont Nalbandian, Roddick, Del Potro, Tsonga (si sa blessure de Sydney lui permet de participer), Monfils, Simon ou encore, soyons fous, Wawrinka (même s’il a un huitième de finale programmé contre Federer). Et qui sait, Lleyton Hewitt, le régional de l’étape, que l’on sait capable de mettre le feu à la Rod Laver Arena comme personne, pourrait décider de renaître de ses cendres. Tout comme Marat Safin, l’intermittent des courts et vainqueur du tournoi en 2005, qui a décidé (jusqu’à ce qu’il change d’avis ?) de ranger ses raquettes à la fin de la saison et qui pourrait bien avoir envie que l’on se souvienne de lui Down Under. Sans oublier Marcos Baghdatis qui se sent pousser des ailes chaque année sur les courts des antipodes, pour preuve sa finale de 2006 et le véritable morceau de bravoure que Hewitt et lui ont proposé au public de Melbourne jusqu’aux premières lueurs du jour l’année passée au 3e tour. Et, allez, un petit pronostic personnel, je vois bien Fernando Verdasco, le héros de la victoire espagnole en Coupe Davis, réussir un gros coup.
Un Australian Open qui promet en tout cas d’être très indécis. Il est maintenant temps de se préparer à entrer sur le court dans la fournaise de l’été australien où tous ces champions en découdront pour notre plus grand plaisir ! The show must go on !
Quelle déculottée !

6-1 6-3 6-3. Le score est sans appel et il représente bien la différence de niveau qui existe actuellement entre Stanislas Wawrinka et un véritable membre du top ten comme Andy Murray. Car il faut bien le dire, la place de n°10 mondial du Suisse n’est pas représentative de sa fiche de résultats. Avec des jeunes joueurs comme Juan Martin Del Potro qui sont en train de se faire leur place, les jours de Wawrinka dans le top ten sont comptés s’il n’arrive pas à passer l’écueil des huitièmes de finale en Grand Chelem.
Mais revenons au match. Pourquoi un score aussi sec ? La première raison, il faut être honnête, a été l’excellent niveau de jeu de l’Ecossais qui a pris son adversaire à la gorge en début de match, le breakant deux fois d’entrée, pour ne plus le lâcher par la suite. Mais, une fois le premier orage passé, Wawrinka a eu sa chance, comme au septième jeu du deuxième set où il mène 15-40 sur le service de son adversaire sans concrétiser. Au niveau des faiblesses, côté suisse, il y a le service (quand on sait que le Vaudois n’a remporté que 64% des points joués sur sa première balle et surtout 33% sur sa seconde balle, on comprend pourquoi Murray, très agressif en retour, l’a breaké six fois) et une fois encore un nombre de fautes directes beaucoup trop important (37 contre 15 à son adversaire), notamment sur les points importants. Ces points importants, son adversaire du jour les a tout simplement tous remportés.
Tactiquement, Wawrinka n’a pas non plus choisi les bonnes options, jouant beaucoup trop loin de sa ligne de fond dès le retour de service. On a d’ailleurs pu le voir, les rares fois où il a été agressif dans l’échange (et où il ne commettait pas la faute sur le deuxième coup de raquette), il a mis Murray en difficulté. Le Britannique, au contraire, a quasiment toujours joué le coup juste, très agressif du fond du court, venant conclure au filet au moment opportun et distillant ses amorties diaboliques à bon escient. On remarquera que les courses vers l’avant de Wawrinka mériteraient un peu plus de légèreté. Mais arrêtons de tirer sur l’ambulance…
Voilà donc qui explique la dureté du score et qui montre tous les progrès que Stanislas Wawrinka doit encore accomplir s’il veut rivaliser avec les meilleurs et enfin se qualifier pour un quart de finale de Grand Chelem. Un quart de finale où Andy Murray affrontera l’Argentin Juan Martin Del Potro dans un match qui sent la poudre.
Un match au scénario… improbable

Stanislas Wawrinka revient de nulle part. Il a dû remonter deux sets de handicap pour l’emporter 5-7 6-7 6-4 6-0 6-4 en 4h15 dans un match qu’il aurait gagné en trois sets secs s’il avait joué à son niveau réel. Son adversaire ? Flavio Cipolla. Vous ne le connaissez pas ? C’est normal, il est 142e au classement ATP et il ne vaut vraiment pas mieux que ce rang. Il a d’ailleurs contribué à faire de cette rencontre une des plus mauvaises qu’une chaîne de télévision ait jamais eu la malchance de transmettre en direct.
Car, il faut bien le dire, ce n’est pas à son talent que le Transalpin doit d’avoir mené deux sets à rien, mais bien à la prestation minable du joueur suisse. Le seul mérite que l’on peut reconnaître à Cipolla est d’avoir joué crânement sa chance et d’avoir produit un jeu qui a complètement fait déjouer Wawrinka. Car ce type de jeu ne peut servir qu’à cela. Voyez plutôt: un gabarit d’alumette (172 cm / 74 kg), un service que Martina Hingis ne renierait pas (170 km/h à pleine puissance), un coup droit bombé effroyablement lent (mais qui a beaucoup gêné Stan, surtout sur son revers) et un revers qu’il joue uniquement en slice. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler une machine de guerre.
Wawrinka est cependant tombé droit dans le piège que lui tendait son adversaire. Il suffit de jeter un oeil à sa fiche de statistiques pour comprendre pourquoi ce match facile en apparence est devenu un obstacle quasiment insurmontable. Le n°10 mondial a en effet commis la bagatelle de… 88 fautes directes (contre 47 à son adversaire, ce qui est déjà beaucoup vu son style de jeu dénué de risques) ! On peut tout de même reconnaître un mérite à Stan, ne pas avoir perdu ses nerfs malgré le fait qu’il était de toute évidence dans un incroyablement mauvais jour et malgré l’attitude détestable de Cipolla, victime d’une douleur plus que douteuse à la jambe droite et qui boitillait quand cela l’arrangeait, mais courait comme un lapin sur les points importants. L’Italien a d’ailleurs refusé de serrer la main de son adversaire à la fin du match (Wawrinka, agacé, avait mimé son boitillement au cours du troisième set). Tiens, une autre statistique révélatrice de la bizarrerie de cet affrontement: 18 breaks ont été réalisés au cours des 5 manches.
Stanislas Wawrinka (et nous aussi par la même occasion) pourra effacer au plus vite ce non-match de sa mémoire. Le principal est acquis, à savoir une qualification pour les huitièmes de finale, même si on n’est toujours pas sûr d’avoir compris comment le natif de Saint-Barthélémy a fait pour s’en sortir. Il faudra montrer un tout autre visage pour espérer battre un adversaire d’un calibre bien plus conséquent, l’Ecossais Andy Murray (ATP 6), vainqueur de l’Autrichien Jürgen Melzer en 5 manches.
De l’or et des étoiles


C’est fait ! Roger Federer a enfin obtenu sa médaille olympique à sa troisième tentative, même s’il faut bien dire que ce n’était pas exactement celle qu’il était venu chercher. Mais une médaille est une médaille, d’autant plus si elle est en or ! C’est donc avec son compère Stanislas Wawrinka que le Bâlois a décroché l’or chinois. Les deux Suisses ont battu la paire suédoise Aspelin/Johansson en finale après avoir écarté les frères Bryan, n°1 mondiaux de leur état. C’est une belle récompense pour le tennis suisse, seize ans après Marc Rosset qui avait remporté le titre à Barcelone en 1992. Et cela ne manquera pas de regonfler le moral chancelant de Roger Federer après sa mortifiante défaite en simple.
Le simple justement a été archi-dominé par son grand rival, Rafael Nadal, qui a battu le valeureux Fernando Gonzalez en finale. Un titre qui fait du bien à l’Espagne qui figure pour l’instant derrière la Suisse (!) au tableau des médailles. Le nouveau n°1 mondial (dès lundi) a fait montre de toute sa classe durant cette semaine olympique, dégoûtant ses adversaires les uns après les autres. Le seul qui semble en mesure de lui contester sa domination sans partage cette année est le Serbe Novak Djokovic, vainqueur de James Blake dans la “petite finale” et donc médaillé de bronze.
A noter encore que le tournoi féminin a vu un triplé russe, le titre revenant à Elena Dementieva devant Dinara Safina et Vera Zvonareva et que le double féminin a été remporté par les soeurs Williams devant les Espagnoles Virginia Ruano Pascual et Anabel Medina Garrigues et les Chinoises Jie Zheng et Zi Yan
Reste à voir si ceux qui se sont illustrés à Pékin seront capables de tirer leur épingle du jeu à New York, malgré la fatigue. On ne se fait pas trop de souci pour Nadal sur ce plan-là… Par contre, Federer risque bien de ne pas réussir à se relever avant la saison prochaine. La pause des fêtes de fin d’année lui fera le plus grand bien. Si on était lui, on aurait même tendance à déclarer forfait aux Masters Series de Madrid et Paris pour se concentrer exclusivement sur l’US Open et la Masters Cup.
Wawrinka rate (encore) le coche

Stanislas Wawrinka n’a pas passé l’écueil Marat Safin hier en huitième de finale de Wimbledon. Et pourtant le Vaudois avait largement la place pour accéder à un premier quart de finale en Grand Chelem. Sur le papier, il était même largement favori. En effet, Wawrinka, n°9 mondial, affrontait Safin, 75e mondial, sur le court n°1 du All England Lawn Tennis and Cricket Club.
Les apparences sont évidemment trompeuses. Safin possède un palmarès éloquent, riche de deux titres du Grand Chelem et d’une place de n°1 mondial en novembre 2000. De plus, le sympathique russe reverdit sur le gazon londonien après une traversée du désert qui dure depuis 2005 et son dernier titre majeur. Il a notamment épinglé le Serbe Novak Djokovic, n° 3 mondial, à son tableau de chasse de la quinzaine. Excusez du peu ! Wawrinka, quant à lui, affiche un curriculum vitae assez pauvre en comparaison. Ses seuls véritables faits d’armes sur le circuit professionnel sont un titre à Umag en 2006, une finale perdue à Rome cette année et deux huitièmes de finale en Grand Chelem. C’est bien pauvre pour un joueur du top ten. Sans vouloir ternir son mérite, il faut bien dire que son entrée dans ce club très fermé doit beaucoup au manque de joueurs réguliers au très haut niveau, mis à part Federer, Nadal et Djokovic. Voilà qui donne une meilleure idée des forces en présence.
Malgré tout, le joueur suisse avait toutes les armes pour faire tourner la partie en sa faveur au vu du scénario du match d’hier. Marat Safin commençait très bien le match en remportant les neuf premiers points devant un Wawrinka très timoré. Après le gain de la première manche par le Russe, les débats s’équilibrent, mais le Vaudois commet énormément de fautes directes. A partir du troisième set, remporté par “Stan”, on sent que le match peut basculer, le fantasque moscovite ayant perdu de sa superbe et commençant aussi à commettre beaucoup d’erreurs. Il y a toutefois un domaine dans lequel Safin connaît très peu de déchet: les points importants. Et le quatrième set en est la parfaite illustration. Wawrinka obtient des balles de break sur chaque jeu de service de son adversaire sans en convertir une seule. Quand on sait qu’il finira par perdre le set 6-1, on peut en tirer les conclusions qui s’imposent…
Cette défaite rageante est à ajouter à la liste des défaites évitables du Vaudois dans les tournois majeurs (s’il continue, il va rattraper Patty Schnyder) avec son huitième de finale de l’US Open 2007 perdu en 5 manches contre l’Argentin Juan Ignacio Chela et surtout cette terrible défaite (peut-être la pire de sa carrière) contre le Chilien Fernando Gonzalez au 3e tour de Roland Garros il y a quelques semaines. Le Vaudois s’était fait remonter alors qu’il menait deux sets à rien et trois jeux à zéro et qu’il avait la route toute tracée vers les demi-finales puisqu’il devait affronter Robby Ginepri en quarts… C’est le genre de défaites qu’il faudra gommer de toute urgence s’il veut justifier et surtout conserver son statut de top ten. A 23 ans, Stanislas Wawrinka a encore une marge de protection assez importante. On peut donc espérer qu’il arrivera vite à passer ce palier.
