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Suisse-Etats-Unis, un fiasco révélateur

Les Etats-Unis sont parvenus successivement à se défaire de la Suisse et de la France, chaque fois à l’extérieur et qui plus est sur terre battue, une surface qui n’est normalement pas leur tasse de thé, pour se hisser en demi-finale de la Coupe Davis. Si les Français n’ont pas à rougir de leur défaite outre mesure, les hommes de Severin Lüthi ont bien plus à se faire pardonner.

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Les encouragements de Severin Lüthi à Stanislas Wawrinka resteront vains.

Depuis le week-end de Pâques, les Français se moquent un peu moins des Suisses et de leur choix discutable de la terre battue indoor et de surcroît en altitude pour affronter Jim Courier et ses boys. En effet, après la défaite en quatre manches de Roger Federer face à John Isner, à la surprise générale, le 10 février dernier à Fribourg, Guy Forget, notamment, y était allé de son commentaire. Même si la critique du capitaine démissionnaire des Bleus n’était pas infondée (le rebond haut dû à l’altitude avantageait Isner), il s’avère donc que la terre battue de Monte Carlo n’a pas davantage pu museler John Isner et les terribles frères Bryan. Penser que l’équipe de Suisse n’a finalement rien à se reprocher après la déroute de Fribourg simplement parce que la France n’a rien pu faire non plus face aux Etats-Unis serait toutefois un raisonnement bien simpliste. Car si une défaite face à la nation la plus titrée du tennis mondial n’a rien de déshonorant en soi, la manière bien plus que le résultat a cependant de quoi faire rougir Federer et les siens.

En effet, perdre 3-2 en ayant tout tenté en simple sans Monfils, blessé, et face à un Isner presque aussi injouable qu’au premier tour et fort de la confiance engrangée à Fribourg et à Indian Wells (défaite en finale face à Federer après avoir battu le numéro 1 mondial Djokovic et entrée dans le top ten) et en double face à la meilleure paire du monde est excusable. Surtout au vu de la rage démontrée par Jo-Wilfried Tsonga, tombé les armes à la main face au géant venu de Caroline du Nord. La rage. C’est en un mot tout ce qui a manqué à la phalange helvétique pour faire ne serait-ce qu’illusion contre des Américains qu’ils étaient tellement certains de vaincre. L’état d’esprit était en effet du côté des visiteurs à la bannière étoilée en terres fribourgeoises. Entre une équipe de Suisse sans passion et des Etasuniens à la culture de la gagne consommée, le verdict est sans appel : 0-5.

Certes, Stanislas Wawrinka a encore une fois raté le coche de peu dans une partie qui lui était promise face à Mardy Fish et Roger Federer a peut-être pris John Isner de haut (ce qui est un comble vu la taille du bonhomme) et n’a pas su changer son plan de jeu quand le numéro 2 américain l’a poussé dans les cordes le vendredi en simple. Certes. Cependant, la performance des deux compères en double, surtout, a été symptomatique de cette force mentale chancelante du côté helvétique. Auteurs d’un superbe début de match face à une paire américaine amputée de sa moitié gauche Bob Bryan et composée du duo hybride Mike Bryan-Mardy Fish, les Suisses ont flanché dès les premières difficultés. En effet, alors que Mike Bryan, par ailleurs homme du match, poussait tant et plus son coéquipier à la confiance en berne depuis la fin 2011 à se surpasser, les champions olympiques de Pékin en 2008 (où ils avaient d’ailleurs éliminé les frères Bryan) sombraient petit à petit. Pire, leur langage corporel prédisait la défaite bien avant la balle de match, c’est-à-dire dès la perte de la troisième manche. Ce qui n’a bien sûr pas échappé à l’expérimenté Mike Bryan (33 ans, 11 titres du Grand Chelem conquis en double avec son frère jumeau, 21 victoires et 2 défaites en double en Coupe Davis dont 11 victoires et aucune défaite sur terre battue) qui s’est en plus appliqué à « allumer » ses adversaires à deux reprises au filet, ce qui a suffi à achever de les déstabiliser. On croit rêver. Le palmarès de Mike Bryan est évidemment édifiant, mais il a été construit entièrement en compagnie de son frère absent ce jour-là, et, en regardant les débats, on a peine à croire que Roger Federer est détenteur de 16 couronnes du Grand Chelem et que son compagnon vaudois possède lui aussi une solide expérience des grands événements.

Que s’est-il donc passé ? La raison de cette déculottée est-elle tout simplement à aller chercher dans le contraste entre la naïveté et l’habitude de la défaite des « petits Suisses » et la culture de la gagne qui est inscrite dans les gènes américains et qui fait de cette nation une machine à gagner dans presque tous les sports ? Cela paraît encore une fois un peu simpliste, surtout quand la Suisse a la chance de compter un joueur comme Roger Federer dans ses rangs. Un rapide coup d’oeil aux statistiques du Bâlois suffit à se convaincre qu’il n’est pas victime de ce complexe d’infériorité typiquement suisse. La cause du mal helvétique est probablement à aller chercher ailleurs. Sur la chaise du capitaine par exemple. Quand on compare les capitaines adverses à Severin Lüthi, dont le CV est presque vide si on excepte une 622e place au classement ATP en 1995 et deux relégations (en 2007 et 2010, les premières après 13 années consécutives au sein du groupe mondial) au cours de son capitanat qui a débuté en 2005, le contraste est saisissant. En effet, Jim Courier (ancien numéro 1 mondial en simple, 4 titres du Grand Chelem, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur) et Guy Forget (ancien top 5 en simple et en double, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur et capitaine) ont une certaine expérience à faire valoir (c’est le moins que l’on puisse dire!) au moment de parler à leur joueur lors d’un moment crucial du match. A l’inverse, on a de la peine à imaginer ce que le brave Lüthi peut bien avoir à dire à Federer lorsque celui-ci est au bord de la défaite dans une rencontre disputée au meilleur des cinq sets. Et le problème est double dans le cas du capitaine helvétique. En effet, si en Coupe Davis les joueurs choisissent eux-mêmes leur capitaine, il paraît clair que Lüthi doit sa position à Federer et personne d’autre, lui qui est aussi son allié sur le circuit ATP à longueur de saison. Dans ces conditions, « secouer » le numéro 3 mondial dans un moment de crise s’avère une tâche encore plus ardue. La relation hiérarchique qu’entretiennent les deux hommes ne s’y prête pas. Si l’on ajoute à tout cela que Severin Lüthi n’est pas connu pour ses talents de motivateur hors-normes (il suffit de juxtaposer son attitude et celle de Forget pendant un changement de côté pour s’en apercevoir), le problème semble évident. Sa solution l’est toutefois bien moins. Car on imagine mal Lüthi prendre la porte tant que Federer sera un membre de cette équipe.

Malheureusement, il est peut-être déjà trop tard pour songer à tirer des enseignements. En effet, la presse helvétique n’a cessé de marteler que cette année 2012, la première qui voyait Federer participer au premier tour depuis 2004, était la dernière occasion pour cette génération de remporter la Coupe Davis et on ne peut que lui donner raison. La paire Rosset-Hlasek a eu sa chance en 1992 contre les… Etats-Unis et il paraît difficile de trouver une paire plus forte que Federer-Wawrinka dans un pays au réservoir aussi réduit que le nôtre dans un futur plus ou moins proche. Tout n’est peut-être pas perdu, il reste peut-être encore une année ou deux avant que la fenêtre qui leur permettrait de ramener le saladier d’argent ne se referme définitivement pour Roger (31 ans en août) et Stan (27 ans). Mais cela nécessiterait une auto-critique qui n’a malheureusement pas eu lieu après le fiasco de Fribourg. Car tant que le problème, qu’il soit partiellement dû au capitaine (on ne va quand même pas faire porter entièrement le chapeau au malheureux Lüthi, il n’est tout de même pas sur le court raquette en main) ou qu’il soit bien plus profond que cela, ne sera pas accepté comme tel, aucune solution ne sera trouvée.

Article publié dans le Cafignon de mai 2012.

I’m back

Alexandre Tremblay commençait à désespérer au LHC...

Eh oui, je n’ai plus rien écrit depuis novembre 2009, alors que Marat Safin prenait sa retraite. Il est temps de sortir de la mienne. Il s’en est passé des choses en presque 2 ans ! Federer a empoché sa 16e couronne, Wawrinka commence à gagner des matches importants, Hewitt ne touche plus terre, l’équipe de Suisse de football est encore plus mauvaise qu’avant (malgré un petit sursaut à Wembley samedi), le LHC a raté deux promotions de plus et a décidé d’innover pour la saison prochaine en ne faisant pas de transferts, on évite d’être déçu par les nouveaux arrivants de cette façon, le mythique Alexandre Tremblay a quitté ce même LHC pour Viège, Ben Laden est mort (vous remarquerez que je procède par ordre décroissant d’importance…), … Bref, j’en passe et des meilleures. J’espère revenir ici bientôt pour pousser quelques coups de gueules bien sentis sur un sujet ou l’autre. See you around folks !

Image: http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/97/Alexandre_Tremblay_-_Lausanne_Hockey_Club_vs._HC_Vi%C3%A8ge%2C_01.04.2010.jpg

15-love

Roddick a beau s’arracher…

... la victoire est pour Federer.

Roger Federer (SUI/2) bat Andy Roddick (USA/6) 5-7 7-6 7-6 3-6 16-14

Roger Federer. Cet homme est le plus grand joueur de tennis de tous les temps. “He’s a legend” a dit Pete Sampras. Et il sait de quoi il parle le bougre. Cette légende, Federer vient d’achever de la bâtir (jusqu’à la prochaine fois) en battant le record incroyable de l’Américain aux 14 titres du Grand Chelem. Pour ce faire, il a dû se débarrasser d’un autre Américain, Andy Roddick, en finale, sous les yeux de Pete Sampras, Rod Laver, Björn Borg et John McEnroe, entre autres. Une finale monumentale. Pas tant grâce au niveau de jeu proposé, qui n’était de loin pas celui de l’an passé contre Rafael Nadal, mais plutôt grâce à une tension de tous les instants. La faute à deux facteurs principaux: premièrement, Andy Roddick (il faut bien laisser cela au courageux natif du Nebraska) évoluait à un niveau jamais connu jusqu’à présent dans sa carrière, niveau que l’on avait déjà entrevu lors des deux tours précédents face à Hewitt et Murray. Cela lui a permis de brouiller les cartes alors que toutes, absolument toutes les statistiques l’opposant à Roger Federer étaient contre lui et que beaucoup attendaient une victoire facile du Bâlois. La victoire n’a pas été aussi facile que prévu (loin s’en faut !) également pour une deuxième raison: il faut bien le dire, Federer était loin de son meilleur niveau et semblait très nerveux, ce qui l’a amené à être très passif pendant une bonne partie de la rencontre et à s’exposer aux coups de boutoir de son adversaire.

Mais heureusement pour lui, son service et les dieux du tennis l’ont sauvé. Son service (50 aces !) dans une cinquième manche qui n’a pas été grand chose d’autre qu’une bataille d’aces et de services gagnants ne l’a jamais lâché, même dans les moments où tous les autres coups de son jeu étaient aux abonnés absents. Les dieux du tennis dans le tie-break du deuxième set quand Roddick a eu quatre balles de deux sets à zéro dans sa raquette (6-2) et qu’il a certainement commencé à réfléchir à quel endroit il exposerait la coupe du champion. Résultat des courses, 8-6 pour le Suisse et certainement un premier tournant dans ce match complètement fou. Roger Federer a plié, il a été au bord de la rupture (15-40 sur un de ses jeux de service au 5e set), mais il n’a jamais rompu. C’est finalement à 15-14 dans la manche décisive que notre concitoyen parvient à breaker son adversaire d’outre-Atlantique pour la première et seule fois (!!!) du match. Il remporte son 15e titre du Grand Chelem, son 6e Wimbledon, sa 19e victoire consécutive entre le premier tour du tournoi de Madrid et cette finale et il récupère du même coup son trône de n°1 mondial. Pas mal pour quelqu’un qui va en plus de tout cela devenir papa cet été !

Il faut aussi saluer la bravoure d’Andy Roddick. Le mari de Brooklyn Decker en est à sa 19e défaite contre le maître en 21 confrontations, dont 4 en finale de Grand Chelem (toutes perdues), et il se bat toujours avec la même fougue à chaque fois qu’il affronte notre icône nationale. Aujourd’hui aussi il y a cru pendant 4h16, mais, encore une fois, cela n’a pas suffi. Et personne n’aurait crié au scandale s’il l’avait emporté. Il fait partie de ceux qui ont eu la malchance de jouer à la même époque qu’un champion d’exception, comme tous ceux qui sont tombés sur Pete Sampras au sommet de sa gloire (on citera Tim Henman et Goran Ivanisevic parmi les plus malchanceux). Imaginez un instant quelle aurait pu être la carrière de celui qui a affronté Roger Federer 8 fois dans un tournoi majeur pour autant de victoires de ce dernier et qui n’a qu’un Major à son palmarès (l’US Open 2003)… Imaginez donc quelle doit être sa détresse après être passé aussi près d’une récompense qui aurait été plus que méritée. Mais Roger Federer – et l’Histoire – en ont voulu autrement.

Image 1: http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/01437/roddick-federer_1437052c.jpg

Image 2: http://rogerfederer.ucoz.com/roger-federer-2009-wimbledon.jpg

Hewitt fights his way to the 1/4 et Stan… Rhaaa, toujours pas ! Mais si près…

Lleyton Hewitt (AUS) defeated Radek Stepanek (CZE/23) 4-6 2-6 6-1 6-2 6-2

Even though Lleyton Hewitt is currently 56th in the world (that will have changed a lot by December, that’s for sure) and his Grand Slam titles go way back, there’s one thing you’ll never be able to take from him: his fighting spirit. “Yeah, obviously, mate !” will be his answer if you ask him the question.

So his famous fighting spirit opened Hewitt’s way to the final eight today against Radek Stepanek (23rd seed) from Czech Republic. After his shy (not to say shaky) start (and Stepanek’s quick start with bold attacks and good serves), he found himself two sets down. When the Australian asked for the trainer at 4-6 2-5, only the “Fanatics” from Down Under still believed in their star’s chances.

However, after this medical time out, the former number one got his best tennis back and improved his serve percentage to lead 4-0 before a brief rain delay. Afterwards, Hewitt continued playing well, jumping on every occasion, to win the match in five sets (he came back from two sets to love for the 6th time of his career) against a Stepanek paying for his two previous five-setters and suffering from a knee injury.

For the first time since 2006, Lleyton Hewitt is back in 1/4 in a Grand Slam. And he can also thank his Aussie supporters for that, as he did at the end of the match by giving them towels and wristbands and telling the BBC journalist that they deserved to be offered a few beers. So “cheers, mate !” as Lleyton said at the end of the interview. See you on Wednesday for a classic match between Lleyton Hewitt and Andy Roddick !

Andy Murray (GBR/3) bat Stanislas Wawrinka (SUI/19) 2-6 6-3 6-3 5-7 6-3

Le public du Centre Court de Wimbledon se souviendront de ce 29 juin 2009 ! Tout d’abord pour la première fermeture du fameux toit (même s’il avait déjà été fermé samedi en toute fin de journée) pendant le match Safina-Mauresmo, toit qui a permis à Murray et Wawrinka de terminer leur match au bout de la nuit sous une lumière artificielle. Car c’était surtout cela qui valait le déplacement en ce septième jour du tournoi. Qui aurait pensé que le Vaudois allait pousser l’Ecossais dans ses derniers retranchements ? Sûrement pas les nombreux sujets de Sa Très Gracieuse Majesté présents dans la majestueuse enceinte. Et il faut bien dire que du côté helvétique on n’y croyait que moyennement après la performance en demi-teinte de Stan face au modeste Jesse Levine, 133e mondial de son état.

D’emblée, le citoyen de Saint-Barthélémy enflammait le match, notamment avec son somptueux revers qui fut sa meilleure arme presque quatre heures durant, pour empocher facilement le premier set à la surprise générale face à un Murray “à côté de ses pompes”. La stupeur passée le numéro 3 mondial retrouvait peu à peu son jeu de défense extraordinaire (avec notamment un coup droit croisé, que ce soit en passing, en retour ou en attaque de fond de court, tout simplement inarrêtable) et ne commettait presque plus de fautes, au contraire de Wawrinka qui en commettait de plus en plus et servait de moins en moins bien.

C’est à ce moment que débute le festival de balles de break manquées (4 sur 14 réussies au final). Murray gagne tous les points importants et se détache deux manches à une. On se dit alors que, comme d’habitude, ce match sera celui des occasions manquées pour le Suisse. Mais au moment où on n’y croit plus, Wawrinka convertit enfin une balle de break à 5-5 dans le quatrième set pour emmener son adversaire dans un cinquième set dantesque, final ô combien mérité pour un match de toute beauté.

Et même si c’est Murray qui l’emporte au forceps, au grand soulagement de toute la Grande Bretagne, on ne peut pas reprocher grand chose à Stan (contrairement à ses autres défaites en Grand Chelem, notamment contre Gonzalez à Paris en 2008, contre Safin à Wimbledon la même année ou encore contre Chela à New York en 2007) qui a été courageux jusqu’au bout, ne lâchant jamais son os. Andy Murray a su remporter les points les plus importants et ainsi justifier son statut de numéro 3 mondial et prétendant au titre sur le gazon londonien. Le prochain adversaire au menu du Britannique sera l’autre revenant (avec Hewitt et Haas), l’Espagnol et ancien numéro 1 mondial Juan Carlos Ferrero.

Picture 1: http://www.abc.net.au/reslib/200906/r392100_1834095.jpg

Image 2: http://www.stanwawrinka.com/wp-content/uploads/2010/12/WawrinkaMurray-Wimbledon9-M-1508.jpg

La Suisse pleure…

Rafael Nadal (ESP/1) bat Roger Federer (SUI/2) 7-5 3-6 7-6 3-6 6-2

Oh Roger, on t’aime tellement !!! Quel dommage que tu aies perdu ce match fantastique, que tu aies si mal servi, que tu n’aies pas su transformer tes occasions du troisième set, que tu aies craqué au début du cinquième… Mais tout cela, c’est un peu de la faute de ton meilleur ennemi, le phénoménal, l’extraordinaire Rafael Nadal, combattant ultime, compétiteur absolu qui ne connaît ni la peur ni la fatigue. On sait tous que tu le battras ce record de Pete Sampras que tu veux tant. Simplement, ce n’était pas pour aujourd’hui. Tout vous oppose, mais vous êtes peut-être les deux plus grands champions à avoir jamais saisi une raquette de tennis. Merci à vous deux qui êtes en train d’écrire quelques unes des plus belles pages de l’histoire du sport grâce à votre rivalité.

(P.S. Bon ça suffit maintenant, Rafa, laisse un peu gagner Roger !!!^^)

Andy loin d’être Roddickule ! Mais pourtant…

Roger Federer (SUI/2) bat Andy Roddick (USA/7) 6-2 7-5 7-5

Comme attendu, Roger Federer a battu Andy Roddick. Mais, malgré un premier set survolé par le Suisse, Roddick a su lui tenir la dragée haute avec beaucoup de courage. Aidé par un service de plomb (seulement 8 aces, mais une foule de services gagnants et des points facilement gagnés derrière des retours courts), l’Américain a longtemps retardé une échéance qui paraissait néanmoins inéluctable. Il faut saluer ses velléités offensives méritoires, mais malheureusement pour lui par trop maladroites (notamment beaucoup de “montées en slip” sur le coup droit de Federer) pour véritablement faire la différence dans les moments clés.

Les moments clés, le numéro 2 mondial les a très bien négociés, faisant la décision en fin de manche dans les deux derniers sets, évitant un tie-break de tous les dangers. Remporter les points importants, c’est ce qui fait la différence entre un bon joueur et un grand champion. Au final de ce match de très bonne qualité (seulement 15 fautes directes pour Federer et 18 pour Roddick) il n’y a tout de même pas photo entre les deux hommes: 51 coups gagnants pour Federer, 38 pour Roddick, 105 points gagnés à 85 en faveur du Bâlois.

Roger Federer jouera dimanche la finale pour l’Histoire, pour les 14 titres majeurs du grand Pete Sampras. Reste à savoir lequel des Espagnols viendra lui disputer sa place au Panthéon du tennis. Rafael Nadal, numéro 1 mondial, 5 titres du Grand Chelem, tournois qu’il a gagnés en trouvant 5 fois Federer sur sa route (dont 4 fois en finale), 12-6 dans les confrontations pour l’Espagnol, mais 3-2 en faveur du Suisse sur surface dure. Fernando Verdasco, numéro 15 mondial (dans le top ten lundi prochain), première demi-finale de Grand Chelem de sa carrière, 2-0 pour Federer dans leurs affrontements. On sait quelle finale nos nerfs helvétiques préféreraient. Mais on sait aussi quelle finale l’Histoire du jeu retiendrait le mieux.

Federer, what else ?

Roger Federer (SUI/2) bat Juan Martin Del Potro (ARG/8 ) 6-3 6-0 6-0

“- In a way, did you feel sorry for Juan Martin in the end? – Yeah, like the last couple games are not that much fun, let’s put it that way. You want to almost put him out of his misery because you know how tough it is for him to come back.” Voici un extrait de ce qu’a dit Roger Federer au sortir de son match face à l’Argentin Juan Martin Del Potro. Il n’exagère pas. Que dire ? Qu’ajouter au formidable récital qu’a proposé le meilleur joueur de tous les temps au public australien médusé et à son adversaire… à son adversaire… enfin bref, trouvez-moi un mot pour décrire l’état d’hébétude de Del Potro, je n’en ai pas d’assez fort. Réponse de l’intéressé (dans une interview qui n’a duré que le temps de quatre questions): “you have to ask Roger what happened. I can’t do nothing in the match. He play like No. 1 of the world, so that’s it”.

38 coups gagnants contre 8, 9 fautes directes contre 24, 83 points gagnés contre 36. 8 points gagnés par Del Potro dans la deuxième manche, 6 dans la troisième. Les statistiques parlent d’elles-mêmes. C’est quasiment du jamais vu à ce niveau-là. Mais comment Federer fait-il pour atteindre ce niveau ? C’est tout simple, “just hard practice and a lot of talent”, dixit le Maître.

Prochaine victime euh pardon, adversaire, une vieille connaissance, l’Américain Andy Roddick, tout aminci et frétillant cette année à Melbourne. Head to head: 15-2 en faveur du Suisse. Même si “it’s a tennis match. You never know what is going to happen. That’s why it starts at 0‑0″, Federer part archi-favori de cette rencontre. A suivre demain à 9h30, heure suisse.

Dokic en force, Federer à l’aise, Wawrinka… no comment

Jelena Dokic (AUS) bat Caroline Wozniacki (DAN/11) 3-6 6-1 6-2

Quelle fraîcheur chez cette Jelena Dokic qui jouait le 3e tour de l’Australian Open pour la deuxième fois, dix ans après la première. Et quel tennis ! Comme si ce trou dans sa carrière n’avait jamais existé. C’est une qualification méritée pour les huitièmes de finale qui vient récompenser les efforts de l’Australo-Serbe. Après un début de match qui donnait à penser que la jolie Danoise Caroline Wozniacki était tout de même d’un niveau trop élevé pour elle, Dokic a enclenché la vitesse supérieure de manière impressionnante avec un engagement total dans chaque coup. On se réjouit d’assister au prochain chapitre de cette belle histoire. Ce sera contre la Russe Alisa Kleybanova, tombeuse surprise d’Ana Ivanovic. Une baisse d’audience masculine massive pour le tennis féminin est à prévoir.

Roger Federer (SUI/2) bat Marat Safin (RUS/26) 6-3 6-2 7-6

Roger Federer, quant à lui, s’est débarrassé sans coup férir de Marat Safin. Malgré une belle résistance, il faut bien avouer que le Russe n’est plus le joueur qui avait éclaboussé l’US Open 2000 et l’Australian Open 2005 de sa classe et s’était rendu maître absolu de Paris-Bercy. C’est tout de même avec une pointe de tristesse qu’on a vu Safin frapper ses (peut-être) dernières balles à Melbourne, car on l’aime ce Marat, avec ses coups de génie, ses coups de sang et ses jets de raquettes !

Tomas Berdych (CZE/20) bat Stanislas Wawrinka (SUI/15) 4-6 6-1 6-3 6-4

Malheureusement, ce n’est pas Wawrinka que Federer affrontera en 1/8 car le Vaudois est une nouvelle fois passé à côté d’un rendez-vous important face à Berdych. Mais on n’en dira pas plus car on risquerait de s’énerver…

Du tennis et des paillettes

Mardi 22 octobre 2008, 12h30. Entrée dans le parking de la Sankt Jakob Halle, prestigieuse enceinte où se déroule le tournoi de tennis de Bâle. On a tout de suite l’impression de pénétrer dans un autre monde. Des Mercedes, des BMW ou encore des Audi défilent à perte de vue. On essaie de passer inaperçus, au fond de notre petite Golf bleue, mais c’est vrai qu’on se sent un peu pauvres tout à coup. Et on n’a pas encore vu la voiture de Federer…

On jette un coup d’oeil mi-envieux, mi-goguenard à l’entrée réservée aux VIP, pour lesquels on a carrément déroulé le tapis rouge avant de rejoindre nos places dans les gradins du court central. Après un match de bonne facture entre le Tchèque Berdych et l’Italien Bolelli, l’ennui s’installe avec l’entrée de l’Argentin Nalbandian et de l’Espagnol Montanes pour une partie désequilibrée et franchement rasoir. C’est l’occasion de sortir les jumelles pour jeter un oeil à ce qui se passe dans la zone VIP. On est obligé de rire quand on aperçoit le nombre impressionnant de cravates réunies dans un aussi petit périmètre. Moins d’une heure plus tard Nalbandian a expédié les affaires courantes et c’est au tour du premier Suisse de la journée de faire son entrée sur le central bâlois, le Vaudois George Bastl. Les travées de la Halle Saint-Jacques sont à peine mieux garnies qu’au début de la journée (c’est-à-dire très peu). Pendant qu’on suit ce match, peut-être le plus plaisant de la journée, la majorité des gens déjà présents attend impatiemment dehors l’arrivée de la principale attraction du jour: l’enfant du pays, Roger Federer. Pendant que le pauvre Bastl, malgré toute sa bonne volonté, doit rendre les armes face à l’Argentin Del Potro (n°9) presque dans l’indifférence générale après un peu plus d’une heure et demie de jeu, Federer arrive au volant d’une magnifique Mercedes et entame une séance d’autographes improvisée avant de s’enfoncer dans les entrailles du stade pour se préparer à affronter l’Américain et inconnu au bataillon Bobby Reynolds.

18h45. L’ambiance (et la chaleur) montent de trois bons crans à l’entrée du numéro 2 mondial sur le court. Les 9200 places disponibles ont toutes trouvé preneur cette fois-ci. Nous avons même droit à des regards meurtriers de la part de deux spectatrices assises devant nous quand nous avons l’outrecuidance d’oser chuchoter pendant un échange du maître des lieux. On sent que les choses sérieuses ont commencé. Comme le match n’est pas ce qu’on pourrait appeler du tennis champagne (malgré la présence dudit liquide en abondance dans les coulisses VIP), on ressort les jumelles pour se changer les idées, juste le temps d’apercevoir Mirka dans le box de son champion de petit ami. Auteur d’un match moyen (pour lui), Federer s’en sort non sans avoir égaré un set et s’être fait un peu peur. Après une interview en Suisse-allemand menée par l’ancien joueur Heinz Güntardt dont on avouera volontiers n’avoir saisi que quelques bribes, le numéro un des coeurs bâlois sort sous une standing ovation.

Aux environs de 21 heures, lorsqu’on annonce le dernier match de la soirée (Bohli-Acasuso), les trois quarts du stade ont vu ce pour quoi ils s’étaient déplacés et ont vidé les lieux. Comme on a payé 80 francs et qu’on ne rentre pas en Mercedes, on se dit qu’on peut bien rester encore un peu. On est un peu tristes pour le pauvre Stéphane Bohli, honnête tennisman genevois qui n’a que trop peu l’occasion de jouer devant un public digne de ce nom, mais on est bien content de le voir gagner contre un adversaire qui semblait bien pressé de rentrer au vestiaire.

Il est près de 22h30 quand on passe une dernière fois devant l’impressionnante voiture de Federer pour rallier l’autoroute qui nous ramènera à Neuchâtel, notre point de départ. Dans la nuit rhénane, on repense aux Mercedes, BMW, cravates et autres coupes de champagne et on se dit que le tennis ne sera jamais un sport ouvert aux masses comme l’est le football et on se sent un peu comme Bastl ou Bohli qui doivent lutter toute l’année, anonymes, dans de petits tournois pour grappiller les points qui leur donneront le droit de jouer les faire-valoir du Maître dans sa ville.

13 majeur

“You’re not superstitious ?” demandait l’un des pontes de l’USTA (United States Tennis Association) en remettant le trophée à Roger Federer. Non, il ne l’est pas et il vient de remporter son treizième titre du Grand Chelem, le cinquième de suite à New York (il est le premier à réaliser cela dans l’ère open) en offrant un véritable récital au public ébahi du central Arthur Ashe. Dommage pour le spectacle, Andy Murray n’était, lui, pas au rendez-vous. Totalement étouffé par les coups fulgurants du n°2 mondial dès le début, l’Ecossais n’a jamais pu hisser son niveau de jeu suffisamment pour pouvoir espérer quoi que ce soit de ce match. C’était sa première finale dans un tournoi majeur, il était déjà bien entamé physiquement par ses combats précédents et le Maître ne lui a laissé aucune chance. Mais on ne se fait pas de souci pour lui, il s’en remettra et aura d’autres occasions de gagner des matches comme celui-ci.

Toujours est-il que Federer a cloué le bec de tous ses détracteurs pendant cette quinzaine new-yorkaise. A voir sa joie au moment du dénouement, cela a été un énorme soulagement pour lui et on le comprend. Le Suisse n’est plus maintenant qu’à une unité du légendaire record de Pete Sampras. L’année 2009 sera passionnante avec cette course au record et la bataille annoncée entre Federer, Nadal, Djokovic plus quelques jeunes loups aux dents (très) longues comme Andy Murray et Juan Martin Del Potro. D’ailleurs Federer l’a dit lui-même, “Je ne veux pas m’arrêter à ce chiffre 13, ce serait terrible.”

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