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Suisse-Etats-Unis, un fiasco révélateur
Les Etats-Unis sont parvenus successivement à se défaire de la Suisse et de la France, chaque fois à l’extérieur et qui plus est sur terre battue, une surface qui n’est normalement pas leur tasse de thé, pour se hisser en demi-finale de la Coupe Davis. Si les Français n’ont pas à rougir de leur défaite outre mesure, les hommes de Severin Lüthi ont bien plus à se faire pardonner.
Les encouragements de Severin Lüthi à Stanislas Wawrinka resteront vains.
Depuis le week-end de Pâques, les Français se moquent un peu moins des Suisses et de leur choix discutable de la terre battue indoor et de surcroît en altitude pour affronter Jim Courier et ses boys. En effet, après la défaite en quatre manches de Roger Federer face à John Isner, à la surprise générale, le 10 février dernier à Fribourg, Guy Forget, notamment, y était allé de son commentaire. Même si la critique du capitaine démissionnaire des Bleus n’était pas infondée (le rebond haut dû à l’altitude avantageait Isner), il s’avère donc que la terre battue de Monte Carlo n’a pas davantage pu museler John Isner et les terribles frères Bryan. Penser que l’équipe de Suisse n’a finalement rien à se reprocher après la déroute de Fribourg simplement parce que la France n’a rien pu faire non plus face aux Etats-Unis serait toutefois un raisonnement bien simpliste. Car si une défaite face à la nation la plus titrée du tennis mondial n’a rien de déshonorant en soi, la manière bien plus que le résultat a cependant de quoi faire rougir Federer et les siens.
En effet, perdre 3-2 en ayant tout tenté en simple sans Monfils, blessé, et face à un Isner presque aussi injouable qu’au premier tour et fort de la confiance engrangée à Fribourg et à Indian Wells (défaite en finale face à Federer après avoir battu le numéro 1 mondial Djokovic et entrée dans le top ten) et en double face à la meilleure paire du monde est excusable. Surtout au vu de la rage démontrée par Jo-Wilfried Tsonga, tombé les armes à la main face au géant venu de Caroline du Nord. La rage. C’est en un mot tout ce qui a manqué à la phalange helvétique pour faire ne serait-ce qu’illusion contre des Américains qu’ils étaient tellement certains de vaincre. L’état d’esprit était en effet du côté des visiteurs à la bannière étoilée en terres fribourgeoises. Entre une équipe de Suisse sans passion et des Etasuniens à la culture de la gagne consommée, le verdict est sans appel : 0-5.
Certes, Stanislas Wawrinka a encore une fois raté le coche de peu dans une partie qui lui était promise face à Mardy Fish et Roger Federer a peut-être pris John Isner de haut (ce qui est un comble vu la taille du bonhomme) et n’a pas su changer son plan de jeu quand le numéro 2 américain l’a poussé dans les cordes le vendredi en simple. Certes. Cependant, la performance des deux compères en double, surtout, a été symptomatique de cette force mentale chancelante du côté helvétique. Auteurs d’un superbe début de match face à une paire américaine amputée de sa moitié gauche Bob Bryan et composée du duo hybride Mike Bryan-Mardy Fish, les Suisses ont flanché dès les premières difficultés. En effet, alors que Mike Bryan, par ailleurs homme du match, poussait tant et plus son coéquipier à la confiance en berne depuis la fin 2011 à se surpasser, les champions olympiques de Pékin en 2008 (où ils avaient d’ailleurs éliminé les frères Bryan) sombraient petit à petit. Pire, leur langage corporel prédisait la défaite bien avant la balle de match, c’est-à-dire dès la perte de la troisième manche. Ce qui n’a bien sûr pas échappé à l’expérimenté Mike Bryan (33 ans, 11 titres du Grand Chelem conquis en double avec son frère jumeau, 21 victoires et 2 défaites en double en Coupe Davis dont 11 victoires et aucune défaite sur terre battue) qui s’est en plus appliqué à « allumer » ses adversaires à deux reprises au filet, ce qui a suffi à achever de les déstabiliser. On croit rêver. Le palmarès de Mike Bryan est évidemment édifiant, mais il a été construit entièrement en compagnie de son frère absent ce jour-là, et, en regardant les débats, on a peine à croire que Roger Federer est détenteur de 16 couronnes du Grand Chelem et que son compagnon vaudois possède lui aussi une solide expérience des grands événements.
Que s’est-il donc passé ? La raison de cette déculottée est-elle tout simplement à aller chercher dans le contraste entre la naïveté et l’habitude de la défaite des « petits Suisses » et la culture de la gagne qui est inscrite dans les gènes américains et qui fait de cette nation une machine à gagner dans presque tous les sports ? Cela paraît encore une fois un peu simpliste, surtout quand la Suisse a la chance de compter un joueur comme Roger Federer dans ses rangs. Un rapide coup d’oeil aux statistiques du Bâlois suffit à se convaincre qu’il n’est pas victime de ce complexe d’infériorité typiquement suisse. La cause du mal helvétique est probablement à aller chercher ailleurs. Sur la chaise du capitaine par exemple. Quand on compare les capitaines adverses à Severin Lüthi, dont le CV est presque vide si on excepte une 622e place au classement ATP en 1995 et deux relégations (en 2007 et 2010, les premières après 13 années consécutives au sein du groupe mondial) au cours de son capitanat qui a débuté en 2005, le contraste est saisissant. En effet, Jim Courier (ancien numéro 1 mondial en simple, 4 titres du Grand Chelem, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur) et Guy Forget (ancien top 5 en simple et en double, vainqueur de la Coupe Davis comme joueur et capitaine) ont une certaine expérience à faire valoir (c’est le moins que l’on puisse dire!) au moment de parler à leur joueur lors d’un moment crucial du match. A l’inverse, on a de la peine à imaginer ce que le brave Lüthi peut bien avoir à dire à Federer lorsque celui-ci est au bord de la défaite dans une rencontre disputée au meilleur des cinq sets. Et le problème est double dans le cas du capitaine helvétique. En effet, si en Coupe Davis les joueurs choisissent eux-mêmes leur capitaine, il paraît clair que Lüthi doit sa position à Federer et personne d’autre, lui qui est aussi son allié sur le circuit ATP à longueur de saison. Dans ces conditions, « secouer » le numéro 3 mondial dans un moment de crise s’avère une tâche encore plus ardue. La relation hiérarchique qu’entretiennent les deux hommes ne s’y prête pas. Si l’on ajoute à tout cela que Severin Lüthi n’est pas connu pour ses talents de motivateur hors-normes (il suffit de juxtaposer son attitude et celle de Forget pendant un changement de côté pour s’en apercevoir), le problème semble évident. Sa solution l’est toutefois bien moins. Car on imagine mal Lüthi prendre la porte tant que Federer sera un membre de cette équipe.
Malheureusement, il est peut-être déjà trop tard pour songer à tirer des enseignements. En effet, la presse helvétique n’a cessé de marteler que cette année 2012, la première qui voyait Federer participer au premier tour depuis 2004, était la dernière occasion pour cette génération de remporter la Coupe Davis et on ne peut que lui donner raison. La paire Rosset-Hlasek a eu sa chance en 1992 contre les… Etats-Unis et il paraît difficile de trouver une paire plus forte que Federer-Wawrinka dans un pays au réservoir aussi réduit que le nôtre dans un futur plus ou moins proche. Tout n’est peut-être pas perdu, il reste peut-être encore une année ou deux avant que la fenêtre qui leur permettrait de ramener le saladier d’argent ne se referme définitivement pour Roger (31 ans en août) et Stan (27 ans). Mais cela nécessiterait une auto-critique qui n’a malheureusement pas eu lieu après le fiasco de Fribourg. Car tant que le problème, qu’il soit partiellement dû au capitaine (on ne va quand même pas faire porter entièrement le chapeau au malheureux Lüthi, il n’est tout de même pas sur le court raquette en main) ou qu’il soit bien plus profond que cela, ne sera pas accepté comme tel, aucune solution ne sera trouvée.
Article publié dans le Cafignon de mai 2012.
It feels like 2001 again
2001

2009

Andy Roddick (USA/6) defeated Lleyton Hewitt (AUS) 6-3 6-7 7-6 4-6 6-4
Yes, it really feels like 2001 again. Let’s go back in time. September 6, 2001 on Arthur Ashe Stadium in the 1/4 of the US Open, Lleyton Hewitt (20 years old at the time), number 4 in the world defeated the newbie Andy Roddick (just turned 19), number 18 in the world, on his way to his first Grand Slam title and to the number 1 rank later that year. The match ended after five sets (6-7 6-3 6-4 3-6 6-4), as it did today. But with a different outcome and different players. Today, Andy Roddick (26) has been a confirmed top ten player for seven years and is currently 6th in the world whereas Lleyton Hewitt (28) is recovering from hip surgery with a current ranking of 56th. And this time the American won this thriller in the 1/4 of Wimbledon. There’s another difference though: this victory is less likely to lead Roddick to his second Grand Slam title (after US Open 2003) because Roger Federer (n°2) and Andy Murray (N°3) seem a bit too much for Larry Stefanki’s boy. But who knows ? In New York in 2001, Hewitt had to face Pete Sampras (n° 10 and with 13 Grand Slams in his pocket at the time), Marat Safin (n°3 and defending champion) and Yevgeni Kafelnikov (n°7) on his way to his Graal.
Let’s be honest, he deserves it. At the end of the day, he was probably the best player out there. He served amazingly well (43 aces including some on very important points), his forehand was at its best and his backhand and volley seemed better than usual. Hewitt was less brilliant than against Del Potro but he didn’t give up anything, as we knew he would. He started very badly with two double faults in his first service game, which helped his opponent to break him and cost him the first set. He was a break up in the second before almost dropping the set again. At 2-5 in the tiebreak, he pulled himself together to create one of the most epic moments of the match, eventually taking the tiebreak and second set 12-10. At 6-6 in the third set, the Australian seemed to lose his concentration, lost the tiebreak 7-1 and gave up his serve to find himself down 0-2 in the fourth set.
At this moment, A-Rod seemed on his way to a semifinal clash against Briton (and only hope of a whole people) Andy Murray. But Lleyton Hewitt is only beaten when the last ball is gone and there was no way he’d give Roddick an easy victory. He broke twice and took the set 6-4. Fifth sets are often great tennis moments, epic battles. This one was not different. There were break points on both sides but finally Roddick prevailed. A parameter might have been more important than others: serve. Hewitt’s serve was too weak (59% first serve, 9 double faults) for him to be able to secure his service games. He struggled to keep his serve during the whole match whereas Roddick could fire a big serve at any given moment.
If we were to draw conclusions so far in this tournament, we would say that the old generation is far from dead (also thanks to Tommy Haas (31 years old and former number 2 in the world) who upset world number 4 Novak Djokovic) and even on the contrary: Roddick has been improving his game, especially the strokes that were called weak not so long ago and Hewitt is still on his way up to the top 20 and maybe even better. It’s 2001 all over again !
Picture 1: http://photos.upi.com/slideshow/lbox/b32f56dd09ec88ac908fbac197b6f3b8/NYP2001090678.jpg
Picture 2: http://www.lleytonhewitt.biz/articleslleyton/images/uso2001/q14.jpg
Picture 3: http://www3.pictures.zimbio.com/gi/Championship+Wimbledon+2009+Day+Nine+3MxULgNMTJtl.jpg
Picture 4: http://www1.pictures.zimbio.com/gi/Championship+Wimbledon+2009+Day+Nine+gHV46vPauTHl.jpg


